Lubumbashi, 23 octobre 2026 (ACP).- La consommation d’épices naturelles de bonne qualité et bien conservées, notamment le gingembre, le clou de girofle et le poivre noir, a été recommandée par un nutritionniste pour préserver leurs propriétés antioxydantes, tout en évitant les excès et les mauvaises pratiques de transformation, dans une interview accordée vendredi à l’ACP, à Lubumbashi, province du Haut-Katanga dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo(RDC).
« Le gingembre, le clou de girofle et le poivre noir sont riches en antioxydants, des substances qui contribuent à protéger les cellules contre les effets des radicaux libres. Toutefois, leurs propriétés dépendent notamment de leur qualité, de leur conservation et de leurs conditions d’utilisation », a expliqué le professeur Emmanuel Ngoyi Bulaya, spécialiste en nutrition.
Selon lui, les antioxydants contribuent à lutter contre le stress oxydatif, un phénomène associé au vieillissement cellulaire et impliqué dans le développement de certaines maladies chroniques. Il a toutefois précisé que les épices ne remplacent pas les traitements médicaux prescrits.
« Les personnes âgées peuvent intégrer ces épices à une alimentation variée et équilibrée, à condition de respecter les quantités appropriées et de tenir compte de leur état de santé », a-t-il souligné.
Les bonnes conditions de conservation préconisées
Le spécialiste a déploré les mauvaises conditions de conservation de certaines épices vendues sur les marchés, notamment leur exposition au soleil, à la poussière et à l’humidité, susceptibles d’altérer leur qualité et de favoriser les contaminations microbiennes.
Pour préserver leurs propriétés, il a recommandé des méthodes de conservation adaptées, notamment la déshydratation dans des conditions maîtrisées, ainsi que le respect des règles d’hygiène lors du broyage et de la transformation.
Le nutritionniste a également mis en garde contre la préparation artisanale de sirops sans maîtrise des températures, des dosages et des normes sanitaires. Il a encouragé les producteurs à se former aux techniques appropriées afin de garantir la qualité des produits commercialisés.
La modération dans la consommation exigée
Le professeur Emmanuel Ngoyi Bulaya a déconseillé la consommation excessive d’épices, rappelant que leurs effets dépendent notamment de quantités consommées, de la nature des produits et de leurs conditions de transformation.
Il a, à cet effet, invité les consommateurs à privilégier les épices naturelles de bonne qualité, tout en attirant leur attention sur certains produits dérivés, notamment les sirops, susceptibles de contenir des colorants, des arômes ou d’autres additifs.
Il a, en outre, recommandé de vérifier la composition de ces produits et de privilégier ceux préparés dans le respect des normes sanitaires.
Le spécialiste a, en outre, conseillé aux personnes souffrant de maladies chroniques ou prenant régulièrement des médicaments de solliciter l’avis d’un professionnel de santé avant d’utiliser les épices à des fins thérapeutiques. Leur consommation ne doit, en aucun cas, entraîner l’arrêt ou le remplacement d’un traitement médical prescrit.
« Nous encourageons la population à consommer des produits locaux, naturels et de bonne qualité, mais il faut savoir comment les conserver et les utiliser. Les épices peuvent contribuer à une alimentation saine, à condition de respecter les règles d’hygiène, d’éviter les excès et de ne pas les substituer aux traitements médicaux », a conclu le nutritionniste. ACP/MUNG/KHEN/ MUD

