Ituri : le nombre des patients admis à la clinique « Salama » a doublé en trois mois (MSF) 

Kinshasa, 04 septembre 2025 (ACP).- Le nombre des patients admis à la clinique « Salama » dans la province de l’Ituri, Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a quasiment doublé en trois mois, selon un communiqué de l’organisation internationale Médecins sans frontières (MSF), parvenu jeudi à l’ACP.

« Depuis trois mois, les admissions ont quasiment doublé. Nous avons dû passer en mode urgence, installer des lits sous tentes. Mais, la réalité, c’est que la plupart des blessés n’arrivent jamais jusqu’ici », a expliqué Asiyat Magomedova, cheffe de mission MSF dans la région, citée dans le document.

Selon la source, à l’intérieur du la clinique « Salama », soutenue par MSF, les couloirs sont toujours remplis, les brancards se succèdent, transportés par le personnel soignant ou par les rares ambulances disponibles.

« Fractures ouvertes, blessures par balles, éclats d’obus, chaque patient porte sur son corps les marques brutales du conflit. Mais malgré cet afflux visible, la majorité des blessés n’atteint jamais la clinique. Depuis le début de l’année, 250 patients ont déjà été pris en charge pour des blessures graves liées aux affrontements et aux violences des conflits, dont 105 uniquement entre juillet et août », a fait savoir MSF.

Entre violences récurrentes, conflit intercommunautaires et multiplications des groupes armés, les populations civiles en Ituri se retrouvent à la fois victimes directes et victimes collatérales.

« Ce qui se passe en Ituri est inacceptable. Les populations civiles sont quotidiennement victimes des atrocités commises par les groupes armés. MSF appelle tous les groupes armés étatiques et non étatiques actifs à épargner les civils. La protection de la population face à ces atrocités est une urgence absolue », a exhorté Asiyat Magomedova.

Dans son rapport  intitulé « Risquer sa vie pour survivre », publié en mars dernier, MSF alertait une nouvelle fois sur cette situation critique et le fait que près d’un tiers des civiles victimes de violences pris en charge en 2024 étaient des femmes et des enfants. ACP/JF

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