Bunia, 29 juin 2026 (ACP).- Le recours aux remèdes traditionnels par des personnes atteintes ou suspectées d’être infectées par la maladie à virus Ebola retarde leur prise en charge médicale, favorise la propagation de l’épidémie et entraîne des complications graves, a alerté lundi auprès de l’ACP un médecin.
« Actuellement, nous constatons que certaines personnes suspectées d’être atteintes d’Ebola consomment des produits traditionnels ou même des antibiotiques avant de se rendre dans une structure de santé. Cette pratique retarde la consultation dans les centres adaptés et aggrave souvent l’état de santé du malade », a déclaré le Dr Daniel Mugisa, responsable du Centre médical « Solidaire » de Bogoro, situé à 25 km de Bunia.Selon lui, cette automédication favorise également la transmission du virus au sein des familles, car les malades restent à domicile au contact de leurs proches au lieu d’être isolés et soignés dans des structures spécialisées.
Le Dr Mugisa a indiqué que les remèdes traditionnels, dont le dosage n’est pas contrôlé, peuvent provoquer des atteintes graves au foie, aux reins et à d’autres organes vitaux.
Il a également mis en garde contre l’utilisation abusive des antibiotiques, estimant qu’elle favorise la résistance antimicrobienne et compromet l’efficacité des traitements lors d’infections bactériennes futures.
Par ailleurs, le praticien a expliqué que ce comportement retarde le diagnostic de la maladie, les tradipraticiens ne disposant pas des moyens techniques nécessaires pour dépister Ebola.
Évoquant l’association entre les recettes traditionnelles et les molécules administrées dans les Centres de traitement d’Ebola (CTE), il a averti que certaines interactions médicamenteuses s’avèrent dangereuses pour les patients.
Face à cette situation, il a attribué la persistance de ces pratiques à la désinformation, aux idées reçues et à la confiance aveugle accordée par une partie de la population à la médecine traditionnelle.
Pour y remédier, il recommande d’impliquer directement les tradipraticiens dans les campagnes de sensibilisation afin qu’ils orientent rapidement les cas suspects vers les structures sanitaires officielles.
« Les remèdes traditionnels ne guérissent pas Ebola. Seule une prise en charge précoce augmente considérablement les chances de survie », a-t-il insisté. ACP/CL/M/C

