JIF : les forêts considérées comme levier de l’économie locale et nationale (une experte)

Kinshasa, 22 mars 2026 (ACP).-Les forêts en République démocratique du Congo (RDC) ont été considérées comme un levier stratégique pour l’économie locale et nationale par un expert, lors d’un entretien samedi à l’occasion de la Journée internationale des forêts (JIF) célébrée le 21 mars de chaque année.

« En RDC, parler des forêts et des économies, ce n’est pas seulement parler des bois ou des recettes fiscales. C’est reconnaître que la forêt est une véritable économie vivante : elle nourrit (supermarché communautaire), soigne (pharmacie communautaire ou pharmacopée), emploie et protège des millions de personnes. Elle soutient des économies locales invisibles mais essentielles, celles des femmes et des peuples autochtones, tout en constituant un levier stratégique pour l’économie nationale à travers le climat, la biodiversité et les ressources naturelles », a déclaré Laurette Disanka,
Coordonnatrice de l’ONG Acteurs pour le développement durable et préservation des forêts en Afrique (Addpfa).

Pour Mme Disanka, le thème de la célébration de cette année : « Forêts et économies » correspond à la réalité congolaise car la forêt constitue le premier capital économique des peuples autochtones et de la femme rurale.

« Les forêts ont fait des femmes des éducatrices de la gestion durable à travers le savoir traditionnel qu’elles détiennent, qu’elles pourront transmettre aux générations présentes et futures et utiliser lors du tourisme », a-t-elle insisté.

Plaidoyer pour la reconnaissance du rôle des gardiennes des forêts

En outre, au niveau national, la préservation des forêts par les femmes des communautés locales et les peuples autochtones pygmées permet au gouvernement de diversifier son économie d’après la coordinatrice l’Addpfa.

« En RDC, les forêts ne sont pas seulement un patrimoine naturel : elles sont un moteur économique, un régulateur du climat. Et ce moteur repose en grande partie sur les femmes rurales. Sans sécurisation de leurs droits et sans reconnaissance de leur rôle de gardiennes des forêts, il n’y aura ni économie forestière durable, ni justice sociale », a-t-elle soutenu.

Elle a fait savoir que ce travail de conservation soutient les engagements climatiques internationaux de la RDC et renforce son statut de « pays-solution » sur l’échiquier mondial, ouvrant la voie à des revenus issus du tourisme vert et de crédit carbone.

S’agissant de la révision du Code forestier, l’experte appelle le gouvernement à la prise en compte des femmes. « Pour l’État Congolais, les forêts représentent un pilier économique stratégique qui peut générer des recettes à travers le tourisme. Mais leur véritable potentiel ne sera atteint que si les femmes, principales actrices de l’économie forestière locale, sont pleinement intégrées, soutenues et sécurisées juridiquement ou sur le plan légal », a-t-elle conclu.

La JIF célébrée depuis 2013 dont lcette année est thème « Les forêts et les économies » souligne l’importance des ressources forestières pour un développement durable.

ACP/C.L.

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