Kinshasa : des biopesticides promus pour protéger la santé des consommateurs

Kinshasa, 07 août 2026 (ACP).- Une unité de production et de commercialisation de biopesticides a été mise en place à Kinshasa dans le cadre d’un projet visant à promouvoir une agriculture durable et à réduire les risques liés à l’utilisation abusive des pesticides chimiques, a appris jeudi l’ACP de source scientifique.

« Nous exécutons, avec l’appui de Wallonie-Bruxelles Internationale, un projet de deux ans portant sur l’émergence d’une unité de production et de commercialisation de bio pesticides afin de renforcer la durabilité des communautés maraîchères du Kongo Central et de Kinshasa », a déclaré la professeure Lyna Mukwa, experte en protection des végétaux et directrice de l’asbl La Clinique des plantes de Kinshasa.

Selon Mme Mukwa, la première phase du projet, couvrant la période 2025-2026, a consisté à former les maraîchers sur les itinéraires techniques de production des plantes utilisées dans la fabrication des bio pesticides ainsi que sur les méthodes culturales à travers des champs-écoles implantés dans plusieurs sites, notamment à Maluku, Kimwenza et Dingi-dingi.

« La deuxième phase est consacrée à la création de microentreprises locales de production de biopesticides et de biofertilisants. Une unité centrale de production est également en cours d’installation derrière la Clinique des plantes à Kinshasa afin de produire à plus grande échelle des biopesticides destinés à la commercialisation », a renchéri cette scientifique.

Vingt premiers microentrepreneurs ont récemment bénéficié d’une formation portant sur les techniques de fabrication des biopesticides, la gestion d’entreprise et l’organisation des unités artisanales de production, dans le but de garantir une qualité conforme aux normes définies par le laboratoire de référence.

« Les bénéficiaires assureront également la culture et l’approvisionnement en matières premières destinées à l’unité centrale, favorisant ainsi une chaîne de production intégrée au profit des communautés maraîchères », a soutenu la directrice de La clinique des plantes.

Les biopesticides sont des produits phytosanitaires naturels issus de micro-organismes, de substances végétales ou de médiateurs chimiques, se divisant principalement en biopesticides microbiens, biochimiques et substances naturelles.

Ils offrent une alternative écologique pour protéger les cultures tout en préservant l’environnement

Un appel à la mobilisation contre les pesticides chimiques

Cette asbl a, par ailleurs, alerté sur les dangers liés à l’utilisation de pesticides chimiques interdits ou fortement déconseillés, citant notamment l’endosulfan, dont les résidus peuvent persister longtemps dans les sols et affecter la santé humaine ainsi que les écosystèmes.Cette institution scientifique a également mis en garde contre la contamination des légumes par les métaux lourds et les résidus de pesticides, soulignant que certaines cultures maraîchères présentent une forte capacité d’accumulation de ces substances nocives.

Face à cette situation, elle a appelé les pouvoirs publics à renforcer le contrôle de la qualité des aliments, à faire appliquer la réglementation sur les produits phytosanitaires et à interdire les cultures maraîchères dans les zones exposées aux pollutions.

Selon la professeure Lyna Mukwa, les chercheurs réunis au sein du Réseau national d’agroécologie poursuivent leurs travaux scientifiques et leurs actions de plaidoyer afin d’influencer les politiques publiques en faveur de systèmes alimentaires durables et de la protection de la santé des consommateurs.

Elle a enfin estimé que les institutions compétentes, notamment les services de contrôle ainsi que les élus nationaux, devraient s’approprier cette problématique afin de renforcer le dispositif de surveillance des pesticides et de garantir la sécurité sanitaire des produits agricoles mis sur le marché. ACP/SHM

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