Kinshasa : la répétition des examens au cœur des débats pour fiabiliser l’imagerie anténatale

Kinshasa, 12 juin 2026 (ACP). – La répétition des examens a été préconisée vendredi pour éviter les pièges en imagerie anténatale, lors du deuxième congrès de la Société congolaise de radiologie, couplées aux 21èmes  journées de radiologie d’Afrique francophone, organisées à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).  « Pour éviter les pièges en imagerie anténatale, et quand on a des doutes, il faut répéter les examens. On ne s’arrête pas dès qu’on a vu une structure qu’on pense être anormale pour directement conclure (…). Essayer de changer la position de la patiente peut vous aider à éviter les pièges. Faites une réévaluation différée, donc revoyez la patiente, ou envoyez la gestante auprès du référent en échographie fœtale », a déclaré Angèle Mbongo, spécialiste en imagerie médicale aux Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK).

« Utilisez les examens complémentaires. Surtout, faites le travail dans la pluridisciplinarité : informez l’obstétricien, discutez de votre découverte avec le pédiatre et le généticien. Il faut respecter les recommandations de l’ISUOG (International Society of Ultrasound in Obstetrics et Gynecology), qui nous offre des coupes standardisées. Ce sont des critères à respecter quand on réalise ces échographies obstétricales obligatoires aux premier, deuxième et troisième trimestres », a-t-elle ajouté. Selon l’experte, pour réaliser une échographie, il faut se former et savoir que le normal peut mimer une pathologie. Elle rappelle qu’une image isolée ne suffit pas pour conclure, qu’il faut des examens répétés pour chercher des anomalies, que les faux positifs sont plus fréquents que les faux négatifs dans les centres peu expérimentés, et que le contrôle évolutif est parfois le meilleur examen à réaliser. Elle a fait savoir que l’échographie anténatale est l’examen d’imagerie à des fins médicales réalisé dans le cadre de la grossesse pour évaluer le risque pour un fœtus, susceptible ou non de modifier le déroulement et la surveillance de la grossesse.  

Elle a ensuite cité quelques pièges : « les pièges cardiaques, abdominaux, des systèmes urinaires, du squelette, placentaires et annexiels ». Pour sa part, le Dr Nathalie Mutuza, médecin radiologue en radiopédiatrie et imagerie de la femme à l’hôpital pédiatrique de Kalembelembe, a expliqué les différentes modalités d’imagerie, dont l’échographie et le scanner. « Parmi les modalités d’imagerie, la première, celle que nous utilisons le plus, c’est l’échographie. Accessible à tout le monde, elle a plusieurs avantages, notamment sa technique non irradiante. C’est un examen performant et dynamique. Ensuite, le scanner est utilisé pour les cas complexes en traumatologie, chez les patients obèses quand l’échographie est douteuse, ou dans les cas compliqués », a-t-elle dit.  Pour le Dr Mutuza, l’échographie permet d’éliminer les urgences chirurgicales et de poser des diagnostics différentiels avec les pathologies médicales, le scanner venant en seconde intention.

Le respect de la situation du patient recommandé

Par ailleurs, Stéphane Yanda, professeur au département de radiologie et imagerie médicale de la faculté de médecine de l’université, a recommandé le respect de la situation du patient dans le choix de la modalité d’imagerie non invasive vasculaire du nez et du cou. « Pour l’imagerie non invasive vasculaire (tête et cou), (…) avant de la pratiquer, il faut surtout respecter les différentes conditions en fonction des moyens disponibles et de l’état de votre patient pour choisir la modalité d’imagerie qui convient », a-t-il indiqué.

Il a cité les différentes modalités de cette imagerie : le Doppler artériel, qui exige du bon matériel ; le scanner, qui exige des produits de contraste. Pour les personnes allergiques, il faut privilégier l’IRM, qui présente toutefois des limites pour les patients porteurs de prothèses dentaires ou cardiaques.  « Ma présentation a porté aussi sur l’exploration des vaisseaux à destination encéphalique, ainsi que sur les différents moyens de les examiner, dont l’angioscanner Doppler et l’angio-IRM, en donnant les avantages et les inconvénients pour chaque technique (…) », a conclu le professeur Yanda.  Ce 2ème  congrès de la Société congolaise de radiologie (SOCORAD), couplé aux 21èmes  journées de radiologie de l’Afrique francophone (JRAF), a débuté le 11 juin. Il se poursuit avec des ateliers de réflexion et des tables rondes autour du thème : « L’imagerie médicale, cœur des spécialités à l’ère de l’innovation technique et de la couverture santé universelle (CSU) ».

ACP/ M /B/HM

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