Kisangani, 8 janvier 2026 (ACP).– Une étude menée par l’Université de Kisangani dans la province de la Tshopo (nord-est de la République Démocratique du Congo) a révélé une prévalence préoccupante de l’obésité et du syndrome métabolique chez les adolescents scolarisés de la ville de Kisangani, a appris l’ACP jeudi lors d’une défense publique d’un mémoire de spécialisation en santé publique.
« Le syndrome métabolique constitue aujourd’hui un défi émergent de santé publique, dans un contexte de transition épidémiologique marqué par le recul progressif des maladies infectieuses et la montée rapide des maladies non transmissibles», a déclaré la Chef des Travaux Véronique Mokoto lors de la soutenance de son Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en Santé publique, à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université de Kisangani.
A l’en croire, ce syndrome regroupe plusieurs anomalies, notamment l’obésité abdominale, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie et l’hyperglycémie, augmentant considérablement le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires précoces.
L’étude a porté sur 1 416 élèves âgés de 11 à 18 ans, scolarisés dans plusieurs écoles secondaires de Kisangani. Les résultats montrent que 175 élèves, soit 12 % de l’échantillon, présentaient une obésité. Selon les analyses statistiques, l’obésité constitue le principal facteur de risque du syndrome métabolique, avec un Odds Ratio (OR) de 31,2, indiquant que les adolescents obèses ont 31 fois plus de risques de présenter un syndrome métabolique complet par rapport aux adolescents de poids normal.
Parmi les adolescents obèses, la prévalence du syndrome métabolique atteignait 27 %, révélant une exposition précoce et préoccupante aux risques cardio-métaboliques. La chercheuse a souligné que la sédentarité, la surcharge pondérale et les habitudes alimentaires hypercaloriques sont les principaux facteurs à cibler pour prévenir l’apparition du syndrome métabolique chez les jeunes. Ces observations insistent sur la nécessité d’intervenir tôt pour modifier les comportements à risque.
À l’issue de sa soutenance, Véronique Mokoto a obtenu la mention Grande Distinction. ACP/C.L.

