Kinshasa, 6 octobre 2026 (ACP).- Une synergie d’organisations de la société civile a sollicité, mardi, la modification d’une disposition de la Loi-cadre n°18/035 sur la santé publique, relative à la contraception irréversible, jugée difficilement applicable, lors d’une cérémonie organisée mardi à Kinshasa en République démocratique du Congo(RDC).
« L’objectif de cette activité est de plaider pour la modification de la Loi-cadre n°18/035 sur la santé publique, notamment de la disposition relative à la contraception irréversible, afin de faciliter l’accès des femmes aux services de santé reproductive et garantir leurs droits », a déclaré Pélagie Ebeka, présidente de l’association des femmes juristes congolaises (Afejuco).
Selon elle, l’article 81 de ladite loi conditionne le recours à une méthode de contraception irréversible par l’obtention préalable de l’avis de trois médecins et d’un psychiatre.
Elle a fait savoir que si l’intention du législateur de 2018 était de protéger le consentement éclairé, il a malheureusement créé une barrière quasi infranchissable pour la majorité des Congolais, en particulier les femmes vivant en milieu rural où ces spécialistes ne sont pas disponibles.
« Cette disposition est en contradiction avec certains engagements pris par la RDC, notamment l’article 14 du Protocole de Maputo », a-t-elle précisé.
Mme Ebeka a révélé que plusieurs organisations ont décidé de se constituer en synergie afin de porter ce plaidoyer en faveur d’un meilleur accès aux services de santé reproductive dû aux difficultés relevées sur le terrain et confortées par les résultats d’une étude menée en août 2025.
Il s’agit, a-t- elle dit, notamment de la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND), du Réseau des magistrats pour l’application de l’article 14 du Protocole de Maputo (REMAP 14) et du Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR).
La présidente de l’Association des femmes juristes a indiqué que la synergie a également été reçue par l’honorable Olivier Kabeya, membre du Réseau des parlementaires pour les droits sexuels et reproductifs, qui a accepté de porter ces préoccupations auprès de l’Assemblée nationale.
Plusieurs activités de plaidoyer ont été menées afin de susciter une réflexion sur le cadre légal et réglementaire encadrant la contraception irréversible, ainsi que sur son accessibilité dans le système de santé.
Ces activités ont notamment réuni les acteurs du secteur de la santé, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les autres parties prenantes autour de la nécessité d’adapter le cadre juridique aux réalités et aux besoins en matière de santé sexuelle et reproductive.
ACP/Mub/Mam

