La stigmatisation un défi qui rend les personnes intersexes invisibles en RDC

Kinshasa, 26 octobre 2026 (ACP).- La stigmatisation a été considérée comme un défi pour les personnes intersexes et qui les rendait invisible en République démocratique du Congo (RDC), selon un médecin lundi à Kinshasa, dans le cadre de la journée internationale de visibilité intersexe célébrée chaque 26 octobre.

« Intersexe existe chez nous, mais elles sont invisible à cause de la stigmatisation. En RDC, le vrai problème, ce n’est pas d’être intersexe, ce sont  les rejets de la famille et de la société. Laisser ces gens-là vivre. Une personne intersexe est d’abord une personne comme tout autre personne avec les mêmes droits que tout le monde », a déclaré Dr Rodin Shindani médecin à l’hôpital général de référence de Kabinda 

« Une personne intersexe a le droit d’étudier, à la santé et au respect. Nous lançons donc un appel à trois groupes de personnes, notamment les parents, si votre enfant est né différent, ne le cachez pas, ne l’amenez pas chez le charlatan, il faut l’amener chez un pédiatre, un endocrinologue qui va décider, pas de chirurgie irréversible à la naissance mais attendre que l’enfant grandisse et choisisse lui-même le type de sexe qu’il veut choisir », a-t- il ajouté.

« Aux soignants, nous devons arrêter de faire des opérations de normalisation en urgence sans raison médicale, on soigne s’il y a un danger vital, sinon on accompagne.

Et dans la société, cette journée est dédiée à la visibilité qui ne veut pas dire exhibition. Mais plutôt qu’il existe, qu’ils sont congolais et ils ont droit au respect. Etre intersexe n’est pas une malédiction, la malédiction, c’est le rejet », a-t-il dit. 

Le Dr Shindani a défini une personne intersexe, comme étant une personne née avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas exactement aux définitions habituelles des garçons ou filles. Cela n’est pas un choix, encore moins une maladie ni une sorcellerie.

Selon lui, c’est simplement une variation naturelle du corps humain, comme par exemple naître gaucher ou avec les yeux verts.

Il a fait savoir qu’il existe quatre types d’intersexe, premièrement les chromosomes, normalement la femme a les chromosomes XX et l’homme a les chromosomes XY. Alors chez l’intersexe on peut avoir XXY ou X0 ou une mosaïque, gonadique et les gonades.

La personne peut naître avec un testicule et un ovaire ou des gonades mixtes. Deuxième caractéristique, c’est l’aspect anatomique. A la naissance, les organes génitaux externes peuvent être ambiguës. Par exemple, un clitoris plus grand que la normale, un micro-penis ou un irètre qui ne s’ouvre pas au bout.

La troisième caractéristique, c’est l’aspect hormonal, le corps ne répond pas normalement aux hormones.

Par exemple, le syndrome d’insensibilité aux androgènes etc, a-t-il ajouté 

Il a soutenu que dans le monde, une personne sur 100 naît avec une variation intersexe. C’est aussi fréquent que d’avoir les yeux roux.

La plupart les découvrent à la puberté, quand les règles ne viennent pas ou que le corps se développe différemment. En RDC, nous avons ce genre de personnes, à Kinshasa et partout en province mais, on n’en parle pas parce que c’est un tabou, un interdit.

Quand la sage-femme voit un bébé avec sexe ambiguë, la famille a honte, on cache l’enfant, on dit que c’est un mamiwata, un sorcier ou un mauvais sort, certains enfants sont abandonnés, d’autres subissent des opérations forcées sans leur consentement pour les normaliser, a- t-il déploré. 

Le thème retenu cette année est « Autonomie corporelle et consentement : quels enjeux pour les personnes intersexes ? ».

ACP/ Kya./Kapi (sp)

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