Kinshasa, 3 août 2026 (ACP).- L’hépatite constitue une menace pour la mère et le bébé pendant la grossesse, a soutenu lundi, auprès de l’ACP, un hépato-gastro-entérologue, en marge de la Journée mondiale de lutte contre cette maladie qui touche 3 à 10 % de la population en République démocratique du Congo.
« L’hépatite, véritable problème de santé publique, constitue une menace pour la femme et l’enfant pendant la grossesse. La maladie peut perturber le déroulement de la grossesse avec des risques de fausse couche, d’accouchement prématuré et de faible poids de naissance« , a déclaré le Dr Jean-Jacques Matimbo, hépato-gastro-entérologue au Centre Hospitalier Monkole.
Selon ce spécialiste, la maladie peut aussi entraîner une souffrance fœtale et le décès du fœtus dans ses formes les plus graves.
Le Docteur Jean-Jacques Matimbo a fait savoir que, souvent silencieuse, l’hépatite est une inflammation du foie, causée le plus souvent par un virus. Elle peut entraîner des complications graves lorsqu’elle n’est pas dépistée et prise en charge à temps, car elle se propage sans que l’on s’en rende compte.
Il existe cinq principaux types d’hépatites virales, à savoir les hépatites A, B, C, D et E.
Pour le Docteur Matimbo, certaines formes sont bénignes tandis que d’autres peuvent évoluer vers une maladie chronique, une cirrhose ou un cancer du foie. L’hépatite E est considérée comme l’une des plus dangereuses pendant la grossesse, particulièrement au troisième trimestre.
« Chez la femme enceinte, les symptômes se manifestent notamment par une fatigue intense, des nausées, des vomissements, une perte d’appétit, des douleurs abdominales, des urines foncées ainsi qu’un jaunissement de la peau et des yeux« , a précisé ce médecin.
Dans les cas les plus sévères, l’infection peut provoquer une insuffisance hépatique aiguë, mettant en danger la vie de la mère.
Il a fait savoir que l’hépatite B présente également un risque important de transmission de la mère à l’enfant, principalement au moment de l’accouchement.
« Lorsqu’un nouveau-né est infecté à la naissance, il est fortement exposé au développement d’une hépatite chronique pouvant entraîner de graves maladies du foie à l’âge adulte« , a précisé cet hépato-gastro-entérologue.
Le Dr Matimbo recommande le dépistage systématique des femmes enceintes au cours des consultations prénatales. En cas d’hépatite B avec une charge virale élevée, un traitement antiviral peut être instauré en fin de grossesse afin de réduire le risque de transmission au bébé. Après la naissance, celui-ci doit recevoir le vaccin contre l’hépatite B dans les 24 premières heures de vie et, si nécessaire, des immunoglobulines spécifiques.
Par ailleurs, ce professionnel de la santé déconseille l’automédication et l’utilisation de certains produits traditionnels susceptibles d’endommager davantage le foie.
Il préconise également le respect des mesures d’hygiène, une alimentation saine, le recours aux structures sanitaires en cas de symptômes, ainsi que le renforcement de la sensibilisation et de la vaccination contre les hépatites A et B.
« Un dépistage précoce, un suivi médical adapté et une prise en charge rapide permettent de réduire considérablement les risques liés à l’hépatite pendant la grossesse et de protéger efficacement la santé de la mère et de son enfant« , a-t-il conclu.
La Journée mondiale contre l’hépatite est célébrée le 28 juillet de chaque année. Le thème officiel de l’édition 2026 est : « Hépatite : faisons tomber les barrières ».
ACP/FN/CI

