Kinshasa, 22 octobre 2026 (ACP).- Un appel à la prévention des cancers féminins et au dépistage précoce a été lancé jeudi par l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une journée de sensibilisation organisée dans le cadre de la campagne «Octobre Rose 2026».
«Une université qui forme, qui instruit et qui produit des connaissances doit également être une institution qui sensibilise, qui prévient et qui contribue à sauver des vies», a déclaré la professeure ordinaire Yvonne Ibebeke, rectrice de l’UPN.
Rappelant que la mission d’une université va au-delà de l’enseignement et de la recherche, la rectrice a souligné que les cancers du sein et du col de l’utérus constituent des urgences de santé publique, alimentées par les consultations tardives, la peur, les préjugés et le manque d’informations.
Face à ces barrières, elle a exhorté les femmes à s’adresser aux professionnels de santé pour des examens adaptés.
Elle a également plaidé pour une mobilisation collective impliquant conjoints, familles et collègues : «La lutte contre les cancers féminins ne saurait reposer sur les seules femmes.»
Mme Ibebeke a enfin émis le vœu de voir cette dynamique se prolonger au-delà d’octobre grâce à des partenariats durables entre universités et structures sanitaires.
Les consultations tardives, principal frein à la prise en charge
Intervenant à son tour, le Dr Limanga Chief, des Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK), a énuméré les facteurs de risque du cancer du sein (facteurs hormonaux et reproductifs, obésité, tabac, alcool et mutations génétiques BRCA1 et BRCA2), tout en détaillant les signes d’alerte : apparition d’une masse, modifications de la peau et écoulements anormaux du mamelon.
Présentant les résultats d’une étude menée aux CUK, le spécialiste a dressé un constat alarmant : «L’âge moyen était de 48 ans et plus de 90 % des femmes ont consulté à un stade avancé.»
Ce retard de prise en charge est souvent aggravé par le recours à des itinéraires de soins inadéquats avant l’arrivée à l’hôpital, un facteur qui multiplie par quatre le risque de diagnostic tardif, a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’une consultation rapide dès l’apparition de signes suspects.
Cette journée s’inscrit dans la droite ligne des actions mondiales d’Octobre Rose, visant à briser les tabous et à démocratiser l’accès à l’information sur le dépistage. ACP/ S A

