Kinshasa, 20 janvier 2026(ACP).- L’impact du déboisement sur le réchauffement climatique et la perturbation du climat dans la ville de Kindu, province du Maniema (Centre-est de la République démocratique du Congo) ont été analysés mardi dans une étude de master de recherche organisée à Kinshasa (capitale du pays) par l’Université des Martyrs du Congo (Unim-RDC) et l’Université de Ngaoundéré du Cameroun.
«Cette étude de troisième cycle a
analysé l’impact du déboisement sur le réchauffement climatique et la perturbation du climat dans la ville de Kindu, en
vue de proposer des stratégies d’atténuations adaptées, d’identifier les causes principales du déboisement dans cette ville, d’énumérer les causes principales du réchauffement climatique ainsi que de proposer des mesures durables de gestion forestière et d’adaptation climatique pour le chef-lieu du Maniema», a indiqué l’ingénieur doctorant Étienne Kungwa, auteur de l’étude.
Dans cette étude intitulée «Effets du déboisement sur le réchauffement et perturbation climatique dans la province du Maniema, cas de la ville de Kindu», l’auteur a évoqué l’hypothèse selon laquelle «l’utilisation des énergies fossiles, la déforestation, l’industrie et la pollution, l’agriculture intensive et l’augmentation de la population sont les causes principales du réchauffement climatique. L’adoption des pratiques de reboisement et de gestion durable des ressources forestières peut réduire l’impact du changement climatique à Kindu».
La province du Maniema, en particulier la ville de Kindu, selon lui, est confrontée à une forte pression anthropique sur les forêts, principalement due à l’exploitation non durable du bois, à l’agriculture sur brûlis, à la production de charbon de bois et à l’urbanisation non contrôlée.
Le récipiendaire a ajouté que ces pratiques entraînent une dégradation accélérée du couvert forestier, ce qui contribue au réchauffement local et à la perturbation des équilibres climatiques, poursuivant que Kindu, comme d’autres villes forestières du bassin du Congo, connaît déjà des manifestations visibles du changement climatique : augmentation
des températures, irrégularité des saisons de pluie, inondations fréquentes, vents violents et perte de biodiversité.
Ces phénomènes affectent négativement la vie des populations, notamment en compromettant l’agriculture, la santé,
l’habitat et les infrastructures.
En outre, M. Kungwa a fait savoir que cette étude pourra contribuer à enrichir les débats et les politiques publiques sur la lutte contre le changement climatique en RDC, tout en s’inscrivant dans les objectifs du développement durable,
notamment ceux liés à la protection de l’environnement, à la lutte contre le changement climatique et à la préservation
des écosystèmes forestiers.
Le renforcement de gouvernance forestière et la gestion communautaire des ressources proposés
Par ailleurs, le doctorant Kungwa a signifié que les mesures durables de gestion forestière et d’adaptation climatique proposées dans sa recherche, mettent l’accent sur la nécessité
d’une approche intégrée. Parmi ces mesures figurent le renforcement de la gouvernance forestière, la gestion
communautaire des ressources, la promotion des sources d’énergie alternatives au bois, la mise en place des programmes
de reboisement et d’agroforesterie, l’éducation environnementale, ainsi que le développement des politiques urbaines
résilientes au climat.
L’implication des communautés locales, le soutien institutionnel et la disponibilité des données fiables sont des conditions essentielles pour la réussite de ces stratégies, a-t-il dit.
«En somme, cette étude montre que le déboisement à Kindu n’est pas seulement un problème environnemental, mais
aussi un enjeu socioéconomique et climatique majeur. Ses effets sur les températures, les précipitations et les
événements extrêmes démontrent l’urgence d’actions concertées et scientifiquement fondées. Les recommandations
proposées constituent ainsi une base solide pour orienter les politiques publiques, renforcer la résilience climatique de la
ville et favoriser une gestion durable des ressources forestières», a affirmé l’impétrant.
Plusieurs suggestions ont été sont faites dans cette étude, entre autres, renforcer le système de collecte de données environnementales (inventaires forestiers, cartographie par drones ou images satellites ;
mener des enquêtes socio-économiques régulières pour comprendre les motivations des populations dépendantes du
bois-énergie ; analyser le cadre foncier et institutionnel afin d’identifier les failles qui facilitent la déforestation illégale. ACP/C.L.

