Muanda :   un environnementaliste recommande la valorisation de la forêt des Mangroves

Muanda, 9 septembre 2026 (ACP).- La valorisation de la forêt des Mangroves, située dans l’aire protégée de Muanda, au Kongo central, au sud-ouest de la République démocratique du Congo), a été recommandée par un environnementaliste et enseignant des Universités et Instituts supérieurs de Muanda, a appris mercredi l’ACP.

« La valorisation de la forêt des Mangroves, qui est une aire protégée de Muanda, revêt une importance écologique, touristique et financière très grande. Elle constitue véritablement un patrimoine de notre cité de Muanda, de notre nation et de l’humanité tout entière. Pour la valoriser, les efforts doivent provenir de nous-mêmes. C’est nous qui allons lui donner de la valeur, à travers les travaux d’entretien, de prévention, de régénération et d’exploitation rationnelle », a déclaré Honoré Bowana Bokili.

Selon lui, le Parc marin des Mangroves est reconnu depuis le 18 janvier 1998 comme une zone humide d’importance internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar. 

Il a, toutefois, estimé nécessaire d’œuvrer pour obtenir une reconnaissance internationale supplémentaire auprès de l’UNESCO.

« Le grand problème, c’est la valorisation. Qu’est-ce qu’il faut faire pour valoriser ce parc des Mangroves ? Trois possibilités peuvent être prises en compte », a-t-il indiqué.

M. Bowana a expliqué que la première possibilité consiste à inscrire le Parc marin des Mangroves sur la liste de l’UNESCO, à travers une candidature portée par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et le gouvernement congolais.

« Notre gouvernement est appelé à présenter sa candidature auprès de l’UNESCO pour que notre forêt des mangroves soit inscrite sur la liste. Mais avant cela, il faut déterminer sa valeur universelle exceptionnelle et documenter la biodiversité qu’elle renferme », a-t-il dit.

L’environnementaliste a notamment cité la présence de lamantins, d’hippopotames et de tortues marines, ainsi que la nécessité de disposer de données scientifiques permettant de mesurer avec précision la capacité de séquestration du carbone de cette forêt.

« Nous devons prouver par des données scientifiques la capacité de séquestration du carbone de notre forêt des mangroves. Il faut déterminer à quelle hauteur elle séquestre le carbone et quelle quantité de carbone est séquestrée par hectare. Ce sont ces données qui peuvent donner de la valeur à notre forêt sur les plateformes internationales », a-t-il expliqué.

La deuxième possibilité concerne la conservation et la bonne gouvernance de cette aire protégée. 

Honoré Bowana Bokili a déploré la dégradation des mangroves due notamment aux activités humaines et à la spoliation des espaces.

Il a plaidé pour le renforcement de la surveillance par des eco gardes bien formés, afin de lutter contre le braconnage et le trafic illégal de bois, mais aussi pour un meilleur encadrement des activités d’exploitation pétrolière dans la région.

Il a, en outre, proposé la restauration des espaces dégradés à travers le repiquage des propagules, sortes de semences permettant la régénération des mangroves, ainsi que l’implication des communautés locales et de la société civile dans la protection de cette forêt.

Dans cette perspective, il a préconisé le développement de la foresterie communautaire et des alternatives énergétiques, notamment l’énergie solaire et éolienne, afin de réduire la pression exercée par les populations riveraines sur les ressources ligneuses des mangroves.

La troisième possibilité consiste, selon lui, à développer l’écosystème et la recherche scientifique, notamment à travers l’écotourisme.

« Nous devons développer l’écotourisme. Il faut construire des infrastructures favorables. Nous avons des routes, des hôtels, etc. Cela pourra favoriser les excursions par voie terrestre et maritime, notamment à l’aide des pirogues et des bateaux », a-t-il indiqué.

Il a cependant appelé à valoriser le patrimoine naturel et culturel lié aux mangroves, soulignant que certains arbres et espaces de cette forêt revêtent une importance coutumière, culturelle et spirituelle pour les communautés locales.

« Il faut améliorer la recherche scientifique pour faire du Parc marin des Mangroves un laboratoire d’étude des zones humides tropicales, pouvant attirer des chercheurs et des financements internationaux », a-t-il ajouté.

ACP/L/K

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