Présentation à Kinshasa des projets de la société civile dans la gouvernance environnementale

Kinshasa, 29 décembre 2025 (ACP).- Deux projets de la société civile dans la gouvernance environnementale en République démocratique du Congo (RDC) ont été présentés lundi à Kinshasa, lors d’un atelier organisé conjointement par le Groupe de travail climat REDD-Rénové (GTCRR) et le Conseil pour la défense environnementale par la légalité et la traçabilité (Codelt).

« L’objectif général de cet atelier est de présenter les projets de la société civile dans la gouvernance environnementale et de les lancer officiellement. Il s’agit du Projet d’appui au dialogue et à la concertation multipartite inclusive et intégrée dans les processus de gouvernance environnementale en RDC et le projet Appui à l’amélioration de la politique forestière nationale (PFNV0) par la société civile », a déclaré Augustin Mpoyi, conseiller technique principal du Codelt.

Il a soutenu que depuis 2009, la RDC est engagée dans le processus de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement ainsi que dans le rôle de la conservation, la gestion durable des forêts et du renforcement des stocks de carbone forestiers dans les pays en développement (REDD+).

« La stratégie-cadre nationale REDD+ a été validée en novembre 2012 et promeut une gestion et une utilisation durable des terres en vue d’éradiquer de façon intégrée les divers moteurs de la déforestation et de stabiliser le couvert forestier, tout en assurant la croissance économique, l’augmentation des revenus des populations et l’amélioration de leurs moyens de subsistance, en particulier celle des plus pauvres et vulnérables », a-t-il dit.

Pour M. Mpoyi, c’est dans ce cadre que la RDC a signé une première Lettre d’intention (LoI) avec l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique centrale (CAFI) pour la mise en œuvre de son Plan d’investissement REDD+ (2016-2020) qui fixe le cadre programmatique de la stratégie nationale REDD+.

En novembre 2021, la RDC a signé une deuxième Loi avec CAFI, qui est fondée sur plusieurs principes généraux, dont l’’objectif en ce qui concerne le secteur des forêts est d’assurer une gestion durable des ressources forestières de manière participative et transparente avec les multiples acteurs du secteur, y compris les communautés locales et autochtones, en mettant un accent particulier sur l’application de la loi forestière et la bonne gouvernance à tous les échelons, a-t-il insisté.

Il a rappelé qu’en mars 2025, le ministère de l’Environnement et Développement durable (MEDD) a élaboré une première version de la Politique forestière nationale (PFN V0). Bien que prometteuse, a-t-il ajouté, cette version présente plusieurs limites, notamment l’absence d’objectifs chiffrés, le manque d’harmonisation avec les autres documents de politiques sectorielles existantes, la faible prise en compte des intérêts de la société civile et des communautés, et le manque de plan opérationnel budgétisé et d’un dispositif de suivi-évaluation.

« C’est dans ce contexte que nous avons développé ces projets, afin de renforcer le travail déjà accompli, notamment en ce qui concerne certains limites que vous avez relevées, en particulier l’absence de données chiffrées, le lien avec les documents de politiques existants, ce qui est essentiel puisque le processus demeure collectif », a-t-il conclu.

Selon les organisateurs, la RDC abrite près de 170 millions d’hectares de forêts, soit 10 % des forêts tropicales mondiales. Ces écosystèmes sont essentiels à la régulation du climat, à la biodiversité et aux moyens de subsistance de millions de Congolais. ACP/C.L.

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