Prévention du suicide en RDC : une responsabilité collective face à un tabou

Kinshasa, 10 septembre 2026 (ACP). – La République démocratique du Congo fait de la prévention du suicide une priorité nationale en appelant à une mobilisation collective pour briser ce tabou social, à l’occasion de la première célébration nationale dédiée à cette cause, jeudi à Kinshasa.

« Pour cette première célébration nationale en RDC, le pays a retenu le thème : « Suicide, une réalité méconnue en République Démocratique du Congo ». Ce choix est un appel à rompre le silence, à combattre les préjugés et à faire de la prévention du suicide une responsabilité collective. Le suicide est un problème de santé publique, mais aussi une épreuve tant humaine, familiale que sociale », a déclaré le Dr Body Ilonga, secrétaire général à la Santé publique.

Selon lui, le suicide n’est pas une fatalité. Il peut être prévenu lorsque les signes de détresse sont reconnus, lorsque la parole est accueillie sans jugement, lorsque les personnes à risque sont rapidement orientées et lorsque les soins appropriés sont disponibles.

« Demander de l’aide doit être reconnu comme un acte de courage. Écouter, soutenir, orienter peuvent sauver une vie. À travers la Couverture Santé Universelle, l’ambition du Gouvernement est que chaque Congolaise puisse accéder à des services essentiels de soins de qualité, y compris les services de santé mentale, sans subir de difficultés financières », a-t-il dit.

Dans cette perspective, le ministère de la Santé engage ses services compétents, en collaboration avec le Programme National de Santé Mentale, à poursuivre et intensifier plusieurs actions prioritaires, notamment l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires, le renforcement des capacités des prestataires et des acteurs communautaires, l’amélioration de la détection précoce, de l’orientation et de la continuité des soins, le renforcement de la notification et de la surveillance, ainsi que la lutte contre la stigmatisation.

Il a appelé également à consolider la collaboration multisectorielle impliquant les secteurs de l’éducation, des affaires sociales, de la justice, des droits humains, de la jeunesse, de la communication et de la sécurité, ainsi que les organisations de la société civile, les communautés religieuses, les familles, les partenaires techniques et financiers et les chercheurs.

La prévention,  a poursuivi le secrétaire général à la santé, doit atteindre les écoles et les universités, les lieux de travail, les structures de santé, les communautés touchées par les crises et tous les espaces où une personne vulnérable peut être repérée et soutenue.

« Aucun témoignage ne doit être instrumentalisé; il doit plutôt éclairer nos décisions et renforcer la protection des personnes. La célébration de ce jour ne doit pas rester un événement isolé », a-t-il conclu.

Par ailleurs, le Dr Gédéon Samba, Directeur du Programme national de santé mentale, a exprimé son satisfecit de célébrer pour la première fois la Journée mondiale de prévention du suicide (JMPS), dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD).

« Nous rappelons que la prévention du suicide fait partie des cibles des ODD, que chaque pays doit prendre en compte d’ici 2030. Certes, nous avons connu du retard, mais il est encore possible de nous rattraper », a-t-il dit.

Le suicide représente actuellement la troisième cause de décès chez les jeunes

En outre, le représentant des partenaires techniques et financiers de l’OMS, M. Étienne Mpoyi a indiqué qu’environ 727. 000 personnes sont décédées par suicide en 2021.

« Le suicide représente actuellement la troisième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, et près de 73 % des décès surviennent dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires », a-t-il précisé.

Pour la RDC, les données disponibles sont préoccupantes. Le Mental Health Atlas 2020 de l’OMS a estimé qu’en 2019, le taux de mortalité standardisé par suicide a été de  12,41 décès pour 100. 000 habitants.

« Au deuxième trimestre 2024, le Système National d’Information Sanitaire (SNIS) a notifié 958 tentatives de suicide, soit une hausse de 123 % par rapport au trimestre précédent, ainsi que 54 décès par suicide », a –t- on rapporté.

Le suicide résulte rarement d’une cause unique. Il peut être associé aux troubles mentaux, aux violences, aux conflits armés, aux déplacements de populations, aux pertes, à la pauvreté, à l’usage de substances psychoactives, à l’isolement et aux discriminations. 

Placée sous le thème international: « Changer le discours sur le suicide ».

Cette  1ère journée mondiale de prévention du suicide a été organisée par le ministère de la santé public, hygiène et prévoyance sociale en partenariat avec L’OMS , OIM, le KFW et la coopération Allemande  ACP/DLu§GMa

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