Kinshasa, 17 octobre 2025 (ACP).– Un appel à la redéfinition des approches de Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+), mettant les peuples autochtones et communautés locales (PACL) de la République démocratique du Congo (RDC) au centre, a été lancé jeudi par un acteur de la société civile, dans un entretien avec l’ACP.
«Nous disons, comme depuis 2009, qu’il faut mieux redéfinir les approches depuis le premier Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, pour mettre les peuples autochtones et communautés locales au centre de la REDD+. Ces derniers apparaissent comme les dindons de ce que le président Trump appelle une arnaque», a déclaré Joseph Bobia, responsable du Bureau de veille et de gouvernance des ressources naturelles (BVGRN), une plateforme réunissant des organisations de la société civile environnementale basée à Kinshasa.
Il a déploré le fait de privilégier de nombreux voyages, réunions et apprentissages réservés aux seuls experts, alors que les véritables gardiens des forêts— les peuples autochtones et communautés locales (PACL)— sont mis à l’écart.

«Beaucoup de fonds ont été engagés (préparation du processus REDD+ en RDC, élaboration du document de stratégie nationale REDD+ depuis 2012, universités d’été REDD+ pour la formation), des formations sur formations interminables qui profitent uniquement aux experts internationaux avec des salaires faramineux, alors que les nationaux, souvent plus compétents que les expatriés, perçoivent à peine 2.000 ou 2.500 dollars sans prime, tandis que leurs subalternes bénéficient de frais de santé et de voyages à répétition», a-t-il relevé.
«Et aujourd’hui, quelle est la consommation du fonds de 500 millions de Glasgow? Quels sont les projets parmi la centaine sélectionnée ayant déjà bénéficié de ces fonds? Quelle restructuration du Fonds national REDD (Fonaredd) ou de l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale (CAFI) a permis aux PACL de retrouver leurs droits ? Autant de préoccupations que nous nous réservons de clamer, sans toutefois emboîter le pas au président Trump qui parle d’arnaque de la REDD+», a-t-il conclu.
ACP/ODM

