Kinshasa, 4 février 2026 (ACP).- L’importance de la coopération internationale en matière de santé a été au centre d’une visite effectuée mardi à l’Institut national de recherche biomédicale ( INRB) de Kinshasa en République démocratique du Congo, par la Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
«L’INRB symbolise la force du partenariat franco-congolais et l’importance de la coopération internationale en matière de santé. Afin de prévenir efficacement les pandémies, la France a justement lancé une stratégie, appelée l’approche One Health, (une santé). Elle part du principe que la santé humaine est dépendante de la santé animale ainsi qu’environnementale et que nous ne pouvons les dissocier», a déclaré Éléonore Caroit.
«L’INRB est le fer de lance du système de santé publique en RDC en tant que laboratoire de santé publique. C’est une institution essentielle pour la santé publique mais c’est aussi un pôle d’excellence au niveau mondial qui doit nous permettre d’éviter les prochaines épidémies», a-t- elle ajouté.
Selon elle, cette institution illustre parfaitement, par la surveillance et la réponse aux épidémies, en particulier les maladies zoonotiques, l’importance de l’approche «Une seule santé» qui sera mise en exergue cette année.
Elle a noté qu’en matière de santé, la RDC et la France entretiennent une relation exemplaire, notamment entre l’INRB et l’institut de recherche pour le développement (IRD), la fondation Mérieux et l’agence française de développement (AFD).
Par ailleurs, le ministre congolais de la santé publique, hygiène et prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba a noté que cette visite apporte un message de la reconnaissance d’un monde très stratégique dans les domaines de la science, de la recherche et de l’innovation pour la protection de nos populations respectives.
Le Dr Kamba a indiqué que le gouvernement à travers le ministère de la santé publique est très reconnaissant des efforts que la France entreprend à travers AFD ainsi que d’autres fondations et universités pour relever le secteur de la santé congolaise. Il a, par la même occasion, annoncé la signature d’un arrêté portant création du prix d’excellence dénommé : «Jean Jacques Muyembe» pour des chercheurs dans le domaine de la santé publique notamment, les maladies infectieuses.
«Ce prix porte à 100 mille dollars chaque année. C’est ce que le gouvernement fait comme effort pour soutenir les chercheurs dans le domaine de la recherche bio -médicale», a-t- il précisé.
Les défis majeurs de la riposte des épidémies en RDC
En outre, le professeur Jean-Jacques Muyembe a indiqué que la logistique et le chevauchement des épidémies sont les deux défis majeurs qui se posent dans la riposte des épidémies en RDC.
«À cause de l’étendue du pays, le prélèvement, la conservation, le transport des échantillons uniques pour arriver au laboratoire de référence est vraiment problématique et le déploiement des équipements … les experts sur terrain demandent beaucoup de logistique», a-t- il dit faisant aussi savoir qu’au sein du ministère de la santé, l’INRB joue le rôle spécifique de laboratoire national de référence entre autres, pour le paludisme, les maladies à potentiel épidémique (peste), la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune, le Mpox et la trypanosomiase humaine africaine (THA).
Inauguré en 1984, l’INRB a assuré plusieurs réalisations comme la production des mini colonnes pour le diagnostic de la THA, l’invention de l’anticorps monoclonal MAb114(Ebanga) pour lutter contre Ebola et la contribution à l’éradication de la poliomyélite en RDC. ACP/

