RDC : la femme rurale constitue l’un des piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire (Un Dr agronome)

Kinshasa,  16 octobre 2026 (ACP).- La femme rurale a été considérée comme l’un des piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire par un docteur en sciences agronomiques, vendredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC) en marge de la Journée internationale de la femme rurale célébrée le 15 octobre de chaque année

« La femme rurale constitue l’un des piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire en RDC, son rôle dépasse largement la simple production agricole. Elle intervient dans toute la chaîne alimentaire notamment préparation des terres, semis, entretien des cultures, récolte, transformation, conservation, commercialisation et préparation des aliments au sein des ménages », a déclaré Prof Augustin Ngé Okwe docteur en agronomie.

« La femme rurale, contribue ainsi aux quatre dimensions de la sécurité alimentaire, celle de la disponibilité, de l’accessibilité,  de l’utilisation nutritionnelle et la stabilité des approvisionnements », a- t-il poursuivi.

Le Dr Nge a fait savoir que dans plusieurs communautés rurales congolaises, elle assure également la préservation des semences traditionnelles, la transmission des connaissances agricoles et la gestion quotidienne des ressources naturelles.

Malheureusement, celles qui contribuent à nourrir la population figurent souvent parmi les personnes les plus exposées à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire.

Selon l’analyse du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publiée en mai 2026, environ 26,5 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë élevée en RDC durant le premier semestre 2026.

« La femme rurale doit donc être considérée non seulement comme une productrice, mais également comme une véritable actrice économique, environnementale et stratégique du développement national », a- t-il ajouté.

« Les femmes rurales congolaises subissent une double vulnérabilité, les inégalités structurelles du milieu rural et les conséquences des conflits armés. Elles rencontrent des difficultés d’accès à la terre, au crédit agricole, aux semences améliorées, aux équipements de production, aux marchés et aux services de formation », a-t-il déploré.

À ces contraintes s’ajoutent le mauvais état des routes de desserte agricole, les effets des changements climatiques, la faiblesse des infrastructures sanitaires et la surcharge des travaux domestiques.

Dans les zones de conflit, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, la situation devient particulièrement dramatique.

Les déplacements forcés privent de nombreuses femmes de leurs terres, de leurs récoltes et de leurs activités économiques. Elles sont également exposées aux violences sexuelles, aux pillages, à l’exploitation économique et à la destruction de leurs moyens de subsistance.

« Une femme qui ne peut plus accéder à son champ ne perd pas seulement son revenu. Toute sa famille, et parfois une communauté entière, perd une partie de sa capacité à se nourrir », a soutenu le professeur Ngé

La protection et la reconnaissance économique de la femme rurale restent insuffisantes

Le professeur Ngé a affirmé  que la protection effective et la reconnaissance économique de la femme rurale restent insuffisantes, d’où, il a rappelé, qu’il existe des instruments juridiques en RDC, notamment l’article 14 de la Constitution et la loi n° 15/013 du 1er  août 2015 relative aux droits de la femme et à la parité.

Mais, un écart important entre la reconnaissance juridique des droits et leur application concrète.

« Elle travaille souvent sans sécurisation suffisante de ses droits fonciers, sans couverture sociale adaptée, avec un accès limité aux financements et une participation insuffisante aux décisions concernant les politiques agricoles », a déploré le Docteur en sciences agronomique.

M. Ngé a proposé cinq solutions pour améliorer cette situation à savoir, Sécuriser les droits fonciers des femmes, notamment leur accès durable à la terre agricole, faciliter leur autonomisation économique grâce au crédit, aux coopératives, aux équipements et aux marchés, renforcer leur protection physique et juridique, particulièrement contre les violences sexuelles dans les zones de conflit, Investir dans les infrastructures rurales, notamment les routes agricoles, l’eau, l’électricité, les installations de stockage et les services de santé et Associer effectivement les femmes rurales aux décisions publiques, à la gouvernance agricole et à la construction de la paix.

« En cette Journée internationale des femmes rurales, je voudrais rappeler une vérité fondamentale : il ne peut y avoir de sécurité alimentaire durable sans sécurité, dignité et autonomisation des femmes rurales. Le thème retenu cette année est +La femme rurale, pilier de la sécurité alimentaire et actrice incontournable du développement durable en RDC+ », a-t-il conclu.

ACP/ Ky/ Kap

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