Kinshasa, 20 juin 2026 (ACP).– La grossesse constitue un risque majeur pour une femme drépanocytaire, a affirmé samedi une chercheuse au cours d’un entretien à Kinshasa, en République démocratique du Congo, en marge de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée le 19 juin de chaque année.
« La grossesse est un grand risque pour une femme drépanocytaire, car elle aggrave l’anémie, augmente la fréquence des crises vaso-occlusives (CVO), entraîne des accouchements prématurés et surtout la complication ultime, le syndrome thoracique aigu (STA) », a déclaré la Dre Greeta Botha Lutayi, médecin chercheuse et attachée de recherche au Centre de médecine mixte et d’anémie SS (CMMA).
Selon elle, une femme drépanocytaire ne peut pas entamer une grossesse sans préparation. Elle doit au préalable obtenir l’avis de son médecin traitant et de l’obstétricien. Vu que le mode d’accouchement privilégié est la césarienne, les médecins peuvent autoriser, dans la plupart des cas, jusqu’à trois grossesses au maximum.
La Dre Botha a fait savoir qu’il est impossible d’éviter totalement les crises chez une personne drépanocytaire.
Cependant, a-t-elle poursuivi, il est possible d’en réduire la fréquence et d’améliorer la qualité de vie des patients en appliquant plusieurs mesures.
Premièrement, les mesures hygiéno-diététiques : une bonne hydratation, une alimentation équilibrée, un mode de vie dans un environnement propre et aéré, ainsi que l’évitement du froid, de la chaleur extrême, des jeux brutaux et des sports violents.Deuxièmement, les mesures médicamenteuses : la prise quotidienne d’acide folique, de pénicilline V et d’hydroxyurée. À cela s’ajoutent la vaccination (contre les pneumocoques, les salmonelles, l’Haemophilus influenzae, l’hépatite…) et un suivi médical régulier.
L’espérance de vie dépend de plusieurs paramètres : l’application des mesures susmentionnées, la rapidité du diagnostic, la forme de la maladie (sévère, modérée ou légère) et des facteurs modulateurs (tels que l’alpha-thalassémie, la persistance de l’hémoglobine fœtale ou certaines mutations géniques).
Généralement, un enfant atteint de drépanocytose qui n’est ni dépisté ni suivi a une espérance de vie inférieure à 5 ans. En revanche, avec une prise en charge appropriée, les patients peuvent vivre jusqu’à 30 ou 40 ans, et plus rarement jusqu’à 50 ans.
La drépanocytose est une pathologie génétique et héréditaire touchant les globules rouges. Elle entraîne trois risques majeurs : les crises vaso-occlusives (crises douloureuses), l’anémie chronique et les infections sévères.
D’autres complications peuvent survenir, telles que l’AVC, le STA, l’ostéonécrose des têtes fémorales, les lithiases biliaires, les ulcères malléolaires et les ostéomyélites.Le thème national retenu cette année est : « Le dépistage, un geste d’amour et de responsabilité ». À l’international, l’accent est mis sur : « Réduire l’écart de survie : équité dans la drépanocytose ».ACP/ K/D/Ka/sp/HM

