Kinshasa, 26 juillet 2026 (ACP)- La sensibilisation constitue le plus grand défi à relever dans la lutte contre les hépatites en République démocratique du Congo, a déclaré dimanche à l’ACP le directeur du Programme national de lutte contre les hépatites virales (PNLHV), à l’approche de la Journée mondiale célébrée le 28 juillet de chaque année.
« Le plus grand défi à relever est celui de la sensibilisation ou de la conscientisation de la population en général avec une information fiable, et des décideurs en particulier par un leadership engagé. L’objectif de cette journée est de sensibiliser les populations, d’obtenir l’engagement de tous dans la lutte contre les hépatites virales et de parvenir ainsi à leur éradication », a indiqué le Dr Pascal Tshamala.
Cette année, la Journée mondiale de lutte contre les hépatites est placée sous le thème : « Des habitudes saines pour un foie fort ».
D’après le Dr Tshamala, il existe actuellement des tests pour dépister les hépatites, des vaccins pour les prévenir et des médicaments pour les traiter mais, ces ressources ne sont pas disponibles en RDC, notamment parce que les hépatites sont des maladies silencieuses pour ne pas dire négligées et l’accès aux médicaments est fort coûteux.
À l’en croire, la situation des hépatites B et C est mal connue au pays par la majorité de la population, même médicale.
« Dans le monde, les hépatites chroniques B et C atteignent au moins 350 000 000 de personnes dont seulement 5% sont conscientes qu’elles sont victimes de la maladie. Tandis qu’en RDC, d’après quelques études parcellaires, on estime leurs prévalences variant entre 3% à 10% de victimes, ce qui représente environ une population équivalent à celle de la ville province de Kinshasa évaluée à 12 000 000. C’est une situation plus grave que celle du SIDA », a-t-il déploré.
Il a indiqué que l’Etat congolais, conscient de la menace que constitue les hépatites virales, a mis en place un Programme national de lutte contre les hépatites.
Dr Tshamala a ajouté qu’avec l’aide de l’OMS, la RDC a élaboré un plan stratégique national qui comporte 4 axes principaux, à savoir : la sensibilisation des populations à la menace des hépatites contre la santé publique ; le dépistage systématique des personnes victimes des hépatites ; la prise en charge des personnes atteintes par la maladie ; la bonne gestion par les équipes des responsables de l’information stratégique surtout les données scientifiques et statistiques fiables sur les hépatites.
Les hépatites, une endémie silencieuse
Le Dr Tshamala a, par ailleurs, fait savoir que les hépatites constituent une endémie silencieuse, mais qui tuent plus que le SIDA.
« Il existe pourtant des ressources pour l’éradiquer tels que les vaccins contre les virus de l’hépatite B et les médicaments contre les virus de l’hépatite C. Ils coutent chers certes mais on peut réussir à les inclure dans la Couverture santé universelle (CSU) promu par le gouvernement », a-t-il soutenu.
Il a précisé que la date de la célébration de cette journée a été retenue à l’honneur du médecin Prix Nobel de la médecine le Docteur Baruch Brumberb, qui non seulement a découvert un des virus responsables de la maladie (virus de l’hépatite 8, l’antigène Australia), mais également les tests et le vaccin qui préviennent la maladie.
Le directeur du PNLHV a souligné que les hépatites par leurs nombres et leurs virulences, constituent une véritable menace grave de la santé publique parmi lesquels on compte la cirrhose hépatique et les cancers du foie.
Il a, à cet effet, appelé à la responsabilité des autorités dans la lutte contre les hépatites, en exhortant la population médicale à faire des recherches et des innovations pour améliorer les résultats de la lutte contre les hépatites.
ACP/M/M/M (SP)

