Kinshasa, 13 octobre 2026 (ACP).-L’accompagnement institutionnel des parents d’enfants autistes a été recommandée dans un mémoire de troisième cycle soutenu à l’École doctorale des sciences de la santé de l’Institut supérieur des techniques médicales de Kinshasa (ISTM), a appris l’ACP mardi de l’auteur de ce travail scientifique.
« La prise en charge d’un enfant autiste génère d’immenses exigences pour les parents, compte tenu de la complexité de cette pathologie et du comportement difficile de l’enfant. Derrière chaque enfant autiste, il y a des parents qui ont besoin d’être écoutés, compris et soutenus. Un accompagnement institutionnel doit être instauré pour les encadrer », a déclaré Théodore Ngangu, chercheur en santé communautaire et expert en éco-épidémiologie et environnement.
Selon lui, les troubles du spectre autistique (TSA) constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santépublique à l’échelle mondiale, en raison de leur prévalence croissante et de leurs répercussions lourdes sur le développement de l’enfant et la dynamique familiale.
Au-delà des difficultés liées aux soins de l’enfant, a poursuivi M. Ngangu, les parents font face à un stress psychosocial élevé, exacerbé par les contraintes économiques, les exigences éducatives, le manque de soutien social et l’incertitude liée à l’évolution du trouble.
Se fondant sur une étude menée en 2024 dans la capitale pour évaluer la qualité de vie des parents d’enfants autistes scolarisés en milieu spécialisé, le chercheur a indiqué que les résultats révèlent un mal-être général, physique, psychologique, existentiel et social. « Avoir un enfant autiste altère profondément la qualité de vie des parents », a-t-il résumé.
Pour atténuer cette souffrance, il a recommandél’élaboration d’un protocole de prise en charge multidisciplinaire intégrant psychologues, psychiatres, orthophonistes, éducateurs spécialisés et pédopsychiatres.
Il a également plaidé pour le renforcement des capacités des éducateurs à travers des formations continues sur les approches fondées sur des preuves scientifiques (ABA, TEACCH, PECS, etc.), ainsi que pour la création d’espaces de soutien psychologique (groupes de parole, psychoéducation, gestion du stress).
Enfin, M. Ngangu a suggéré la mise en place d’un système de suivi-évaluation structuré pour mesurer l’efficacité des interventions et le renforcement des synergies entre structures de santé mentale, universités et organisations spécialisées.
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