RDC: l’implication des autochtones dans la gestion des aires protégées , objet d’une étude

Kinshasa ,17 janvier 2026(ACP).-L’implication du peuple autochtone dans la gestion des aires protégées en République démocratique du Congo (RDC) a fait l’objet d’une étude approfondie défendue à Kinshasa (capitale du pays) dans le cadre de la coopération :l’Université des Martyrs du Congo (Unim -RDC) et l’Université de Ngaoundéré du Cameroun,a appris l’ACP samedi de source universitaire.

«Le sujet de mon mémoire défendu ce jour pour l’obtention de Diplôme d’études approfondies (DEA) en environnement et développement durable soutenu, est intitulé  » Implication du peuple autochtone dans la gestion des aires protégées en RDC,mythe ou réalité ? Cas du parc national de Kahuzi Biega “ dans le cadre du partenariat public -privé entre l’Université de l’Unim -RDC et l’Université de Ngaoundéré du Cameroun »,a confié le doctorant Didier Bwema Ndauma,
Chef des travaux à l’Institut Supérieur d’Agroforesterie et de Gestion de l’Environnement de Kahizi-Biega dans la province du Sud-Kivu.

Cette recherche selon lui, s’inscrit dans le cadre de la protection des sites protégés et la promotion des droits des peuples autochtones pygmées et autres populations autour des aires protégées tout en projetant à un écotourisme rationnel.

«Cette étude traite sur l’implication des peuples autochtones pygmées dans la gestion des aires protégées en RDC, le cas du parc national de Kahuzi-Biega. À travers une approche mixte, l’étude examine les perceptions, les rôles et les défis rencontrés par les communautés pygmées dans la gouvernance des ressources naturelles. Le travail débute par une analyse du contexte historique et socio-économique des Pygmées, souvent marginalisés dans les processus décisionnels concernant la conservation»,a expliqué le doctorant Bwema.

En outre, il a dit avoir éclairé dans cette étude,les mythes entourant leur participation : d’une part, l’idée qu’ils sont des gardiens naturels des forêts, et d’autre part, la réalité de leur exclusion systématique des politiques de gestion des aires protégées.

À travers des entretiens avec des membres des communautés pygmées, des gestionnaires du parc, le mémoire révèle des cas où ces communautés ont été intégrées dans des projets de conservation, mais également des situations où leur savoir traditionnel et leurs droits ont été ignorés.

L’analyse faite par M. Bwema souligne l’importance de reconnaître les connaissances locales et d’impliquer réellement les Pygmées dans la prise de décisions pour améliorer l’efficacité des efforts de conservation.

«Bien que 50 % des peuples autochtones déclarent qu’ils ne sont jamais consultés pour les décisions importantes concernant la gestion du Parc national Kahuzi- Biega ( PNKB) 70 % des Populations autochtones pygmées (PAP ) perçoivent leur implication comme insatisfaisante, en grande partie à cause de leur expulsion du parc et du manque de compensation adéquate. La majorité estime que leur mode de vie a été gravement impacté, avec des ressources agricoles limitées»,a-t-il fait savoir.


Des recommandations pour une gestion inclusive et durable des aires protégées


Ce mémoire de DEA de chef des travaux Bwema a proposé des recommandations pour une gestion inclusive et durable des aires protégées, qui prenne en compte les droits et les aspirations des peuples autochtones, afin de transformer le mythe d’une participation significative en une réalité.
Les gestionnaires du parc national de Kahuzi-Biega sont actuellement appelés à bien capitaliser la présence des peuples autochtones pygmées pour une réelle implication afin de bien conserver les écosystèmes,a -t- il suggère.

En outre,«renforcer la participation active des peuples autochtones pygmées, mettre en œuvre des programmes de formation et de sensibilisation,assurer le respect des droits des peuples autochtones,promouvoir des modèles de conservation inclusifs, améliorer les relations et la communication entre les parties prenantes, évaluer et adapter les politiques de gestion», sont autant des recommandations soulevées par l’impétrant.

L’étude s’inscrit dans un contexte où la conservation de la biodiversité est souvent en tension avec les droits des populations locales, particulièrement les communautés marginalisées comme les Pygmées,en proposant de manière globale, la compréhension des mécanismes de vérification et déterminer de la véracité de l’implication des PAP dans la gestion du PNKB entant qu’une aire protégée.

La gestion inclusive des parcs et des ressources naturelles est essentielle non seulement pour la conservation de la biodiversité, mais aussi pour le bien-être des communautés locales, notamment les Pygmées au parc national de Kahuzi-Biega, a estimé le récipiendaire.

Les Pygmées, en tant que gardiens traditionnels de la forêt, possèdent des connaissances précieuses sur l’écosystème, et leur inclusion dans les processus décisionnels peut améliorer significativement les efforts de conservation et leur mise en valeur, a-t-il conclu.
Du 06 au 22 janvier 2026, l’Unim -RDC et l’Université de Ngaoundéré du Cameroun organisent au siège de l’Unim -RDC dans l’enceinte de la Clinique kinoise à Kinshasa, une série de cérémonies de soutenance publique des mémoires de DEA et master dans le cadre d’un programme de troisième cycle développé par les deux universités de la RDC et du Cameroun.

ACP/C.L.






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