Kinshasa, 13 octobre 2026 (ACP).- Seuls 5 % de la population de la République démocratique du Congo(RDC) ont accès aux services de santé mentale, a indiqué mardi à Kinshasa le médecin-directeur du Centre neuro-psychopathologique (CNPP), à l’occasion de la clôture des activités marquant la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre de chaque année.
« L’accès aux soins de santé mentale, tel qu’établi par le ministère de la Santé, se situe à 5 %. Cela signifie que notre population demeure très vulnérable face aux besoins en santé mentale, et un effort accru de l’État est indispensable pour élargir l’accès à ces services », a déclaré le professeur Daniel Okitundu, neurologue et médecin-directeur du CNPP.
Rappelant l’origine de cette Journée internationale instituée par la Fédération mondiale de la santé mentale, le professeur Okitundu a souligné que le CNPP a marqué l’événement à travers un cycle de quatre journées de sensibilisation et d’échanges. Les manifestations ont débuté le samedi 10 octobre par un repas de cœur offert aux patients, grâce au soutien du réseau Babel International et de Simba Time.
Abordant le cœur des discussions de cette clôture, le médecin a mis en lumière la question de l’identité humaine face aux épreuves de la vie, depuis la conception : « Nous avons abordé la question de l’identité humaine au regard des événements que nous traversons, qu’il s’agisse de la mémoire identitaire, de l’identité collective ou du devoir de mémoire. Tout cela démontre à quel point les événements de la vie façonnent notre identité, peuvent l’altérer et diminuer notre capacité d’adaptation ».
Le professeur a également établi un lien direct entre les traumatismes, la mémoire et la résilience, définie comme « la capacité à faire face aux épreuves en s’adaptant avec un gain, et non en tournant en rond ou en régressant ». Il a insisté sur l’impact des traumatismes invisibles ancrés dès l’enfance, dont les traces persistent malgré tout.
L’impératif d’investir dans la mémoire et le développement humain
Pour le CNPP, le travail des psychologues et cliniciens est crucial pour mettre en lumière ces blessures cachées, en particulier dans le contexte de la crise multiforme que traverse la République démocratique du Congo.
« Il faut protéger la mémoire identitaire de la vie et bâtir une mémoire collective pour ne pas répéter les erreurs du passé. Nous devons exercer le devoir de mémoire pour reconnaître le mal causé aux autres et à la nation, afin de ne plus le commettre. Bref, il faut investir dans le développement de l’être humain dès la grossesse pour bâtir un nouveau Congo », a plaidé le professeur Okitundu.
Enfin, il a recommandé de porter une attention particulière à la prise en charge de la femme et de l’enfant dès le début de la vie, soulignant que la résilience individuelle et communautaire est la clé pour vivre en paix et en sécurité.
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