Kinshasa, 1 avril 2026 (ACP).- Le rôle des femmes autochtones pygmées de la République démocratique du Congo dans la conservation des forêts a été mis en valeur mardi, par une ONG de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone, lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, en marge de la clôture du mois de la femme.
«On n’a pas voulu que cette journée puisse passer inaperçue. Raison pour laquelle on a organisé cette conférence de presse pour montrer combien est-ce que les femmes autochtones pygmées sont au centre de la conservation de nos forêts et sont au centre de l’économie des revenus du ménage. Mais aussi pour partager de l’expérience avec les tiers, avec le monde entier de ce que fait la femme autochtone de la RDC», a déclaré Prescillia Monhire, chargée des programmes à l’ONG Alliance nationale d’appui et de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire en RDC (Anapac-RDC).
Au cours de cette conférence de presse, cette ONG s’est également dite satisfaite des résultats de leur projet visant la promotion du leadership de femmes autochtones dans quatre provinces cibles, lequel grâce aux subventions données, les conditions de vie de quinze regroupements des femmes autochtones pygmées ont été améliorées.
«Certes, ce n’était pas facile de travailler avec un regroupement de femmes. En plus, quinze regroupements de femmes dans quatre provinces différentes. Mais nous pouvons dire que nous avons atteint les résultats», a-t-elle expliqué.
«Toutes ces subventions de la femme autochtone pygmée, toutes ces subventions parmi ces quinze regroupements selon les sites eux tous sont bénéficiaires de ces subventions et la subvention varie entre 5000 à 10.000 selon les besoins de communautés et toutes les communautés ont manifesté leur joie en rapport avec ce que le projet a essayé de réaliser», a poursuivi la chargée des programmes de l’Anapac.
Elle a en outre indiqué que l’autre résultat est d’avoir amélioré la prise de parole de la femme en public et atteint 52% de taux de participation de femmes aux événements ou aux réunions.
Quant aux activités génératrices des revenus, a poursuivi Mme Monhire, les femmes se sont senties au centre de toute activité, qui a permis a certaines communautés de voler de ses propres ailes.
«Si nous analysons l’état de la pauvreté de la communauté, pour un ménage qui dès le départ n’était pas plus de 2000 fc mais actuellement on peut dire que par rapport à ce regroupement de femmes leur reproduction est passée au-delà», a-t-elle fait savoir en outre.
Les participants à cette conférence ont salué le travail abattu par l’ONG Anapac ainsi que ce partage d’expériences qui, d’après certaines, les a permis de s’améliorer.
«Je suis très satisfaite personnellement et les femmes autochtones doivent être satisfaites aussi parce que nous venons d’apprendre aujourd’hui qu’il y a un grand projet d’accompagnement et de la promotion de leadership féminin autochtones qui s’est réalisé pendant quatre ans et ce sont des activités que nous souhaitons dans notre pays la République démocratique du Congo», a révélé Chouchouna Losale, chargée de programme au sein de la Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable (CFLEDD).
Elle a appelé le gouvernement à s’approprier ces initiatives des ONG afin de le rendre pérennes, avant de souligner que l’apport du gouvernement va permettre à ce que le travail de la femme autochtone pygmée soit valorisé.
«Les partenaires financent et partent et maintenant c’est le pays qui doit s’en approprier pour une bonne pérennisation et voir comment accompagner ces femmes sont aujourd’hui productrices de divers produits tels que les maïs, le riz, le haricot, comment les accompagner dans le processus de transformation et de conservation. Parce que ce sont ce deux piliers qui découragent la plus part de femmes qui cultivent à produire davantage parce qu’elles n’arrivent pas à bien conserver et ça finit par pourrir», a-t-elle expliqué.
À travers son projet Initiative pour la Conservation Inclusive (ICI), Anapac œuvre à renforcer les droits des peuples autochtones et communautés locales et à promouvoir une conservation basée sur les droits et l’équité, a-t-on appris.
Plusieurs de ses actions visent notamment à améliorer les conditions de vie des femmes, renforcer leur autonomie économique et soutenir une gestion durable des ressources forestières. ACP/ODM

