Réforme forestière : le maintien du moratoire exigé par plus de 60 organisations environnementales

Kinshasa, 6 juillet 2026 (ACP). – Le maintien du moratoire sur les concessions forestières industrielles en République démocratique du Congo, jusqu’à la finalisation du zonage forestier participatif, a été exigé lundi à Kinshasa par les organisations de la société civile signataires d’une lettre collective adressée à la Première ministre, lors d’un point de presse.

« Le point de presse que nous avons organisé cet après-midi marque le lancement d’une campagne en faveur de nos forêts, parce que nous voulons maintenir le moratoire jusqu’à la réalisation effective et vérifiée de l’ensemble des conditions fixées par le décret n° 05/116 du 24 octobre 2005, en particulier la programmation géographique et participative du domaine forestier », a déclaré Maître Blaise Mudodosi, coordonnateur national de l’ONG de droit congolais « Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés » (APEM).

« Il est important que notre pays garde sa position en tant que pays-solution. Or, cette renommée découle de la densité de ses forêts qui sont encore debout », a-t-il ajouté.

D’après Me Mudodosi, la RDC, qui est au cœur du Bassin du Congo et réputée deuxième poumon écologique de la planète, a sécurisé plus de 54 millions d’hectares au profit des communautés locales et des peuples autochtones, rehaussant ainsi les ambitions de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN).

« Nous estimons, en tant que signataires de cette lettre, qu’il est d’abord préférable d’asseoir une très bonne gouvernance avec les quelques sociétés d’exploitation forestière existantes. Dès qu’on sera sûr que la gouvernance est établie, que les forêts sont exploitées durablement et que les communautés s’y retrouvent, à ce moment-là, nous pourrons lever ce moratoire », a indiqué Benjamin Bisimwa, chargé du suivi des moteurs de déforestation à Rainforest Foundation Norway.

De son côté, M. Bonaventure Bondo, de l’organisation internationale Greenpeace, a fait savoir qu’il est judicieux de privilégier les modèles qui ont fait leurs preuves, tels que la foresterie communautaire, la conservation, les paiements pour services environnementaux (PSE), le Couloir vert et la sécurisation foncière des communautés.

En tant qu’organisations œuvrant pour la défense de l’environnement et des droits humains en RDC et à l’échelle mondiale, a-t-il poursuivi, ces structures ont salué les différentes mesures prises par le gouvernement ces dernières années pour réduire la déforestation et améliorer la gouvernance forestière.

Elles recommandent aussi le renforcement du contrôle, la transparence et des sanctions à l’égard des opérateurs en infraction avant toute discussion sur l’expansion du secteur.

Cette démarche, initiée par l’ONG APEM et rejointe par plus de 60 organisations congolaises et internationales, s’inscrit dans le cadre de la campagne pour la protection des forêts, en marge de la réforme forestière en cours en RDC. ACP/

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