Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).- L’agroécologie sensible aux conflits, considérée comme une approche durable pour la résilience des communautés, a été évoquée jeudi, lors d’un atelier organisé par une ONG à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). « L’agroécologie sensible aux conflits s’impose progressivement comme une approche innovante visant à renforcer la résilience des communautés rurales dans les zones affectées par des tensions sécuritaires », a déclaré Gentil Kambale, expert en gestion des conflits.
Selon lui, cette approche combine les principes de l’agroécologie, fondés sur la gestion durable des ressources naturelles, la valorisation des savoirs locaux et la diversification des cultures, avec une analyse approfondie des dynamiques de conflits, afin d’éviter d’exacerber les tensions existantes. Il a fait savoir que l’agroécologie sensible aux conflits permet de prévenir les rivalités liées à l’accès à la terre, à l’eau et aux autres ressources naturelles, en favorisant des pratiques inclusives et équitables.
Pour sa part, Mme Nyota Binyuki, présidente de l’Union pour l’émancipation de la femme autochtone (UEFA-RDC), a indiqué dans son intervention que dans plusieurs régions en proie à l’insécurité, notamment dans l’est de la RDC, la pression sur les terres agricoles et les déplacements de populations accentuent les conflits entre agriculteurs, éleveurs et communautés locales. « Face à cette réalité, l’intégration d’une approche sensible aux conflits dans les projets agricoles apparaît comme une nécessité », a-t-elle dit.
Elle a fait savoir que cette démarche encourage notamment la participation de toutes les parties prenantes, y compris les femmes, les jeunes et les peuples autochtones, dans la prise de décision. Elle promeut également des mécanismes locaux de médiation et de gestion pacifique des différends.
Par ailleurs, les organisations de la société civile environnementale soulignent que l’agroécologie sensible aux conflits contribue, non seulement à la sécurité alimentaire, mais aussi à la consolidation de la paix. En réduisant les inégalités d’accès aux ressources et en renforçant la cohésion sociale, elle participe à la stabilité des territoires fragiles.
Au cours de cet atelier, les experts ont insisté sur la nécessité d’un accompagnement institutionnel et financier pour garantir l’efficacité de cette approche. Ils recommandent également l’intégration systématique de l’analyse des conflits dans les politiques agricoles et environnementales. En RDC, plusieurs initiatives pilotes sont en cours pour promouvoir cette approche, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, dans le but de concilier développement agricole, protection de l’environnement et prévention des conflits.
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