Kinshasa, 02 avril 2026 (ACP).- La fin de l’épidémie de Mpox (variole simienne) en République démocratique du Congo, a été déclarée jeudi à Kinshasa, par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, au cours d’une cérémonie.
« Au nom du gouvernement et sous l’autorité du Président de la République, Félix Tshisekedi, je déclare officiellement la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’une urgence nationale de santé publique. Nous avons atteint les objectifs parce que nous avons une coordination unique, un plan unique, un budget unique et une réponse unique », a déclaré le Dr Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé.
« Nous n’avons pas encore éradiqué le virus mais nous avons fini l’épidémie. Nous avions atteint 2.400 cas par semaine en début 2025 et aujourd’hui nous sommes à 170 cas par semaine… Nous sortons de cette épidémie avec une soixantaine de laboratoires », a-t-il ajouté.
« Nous sommes aujourd’hui à une étape de transition pour aller vers la consolidation de la riposte au niveau du secteur de la santé et cela est une obligation pour aller vers l’éradication de cette maladie », a-t-il dit.
Selon le ministre, c’est suite à la transmission sexuelle de la maladie en 2024 que le pays a assisté à une flambée de l’épidémie, notamment dans les provinces de l’Est. Elle a été aggravée par la pression injuste infligée par le Rwanda en déplaçant et fragilisant les populations ainsi qu’en détruisant les structures de prise en charge sanitaire.
Le ministre a indiqué que le vaccin administré pour le Mpox ne sera pas encore introduit parmi les vaccins de routine utilisé par le programme élargi de vaccination (PEV).
Le Dr Kamba a salué l’engagement des prestataires de santé durant la période de l’épidémie, la résilience des patients dans la prise en charge, le travail réalisé par le centre d’opération d’urgence de santé publique (COUSP) ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Nécessité de maintenir la surveillance
Par ailleurs, le Dr Dieudonné Mwamba, directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), a précisé que bien que la fin de l’épidémie est déclarée, il est essentiel de maintenir la surveillance épidémiologique, de renforcer la préparation future aux menaces sanitaires, de continuer à investir dans la recherche et la formation.
Il a noté que depuis la déclaration de cette maladie comme une urgence de portée continentale et nationale en 2024, le pays a assisté à une progression du virus et 419 zones de santé des provinces endémiques et épidémiques ont été touchées.
« Entre la première semaine de 2024 et la 2ème semaine de 2026, le pays a notifié plus de 124.994 cas suspects de Mpox. Sur les 80.370 échantillons relevés 34. 913 ont été déclarés positifs au Mpox, soit un taux de positivité global de 46%. Malheureusement nous avons déploré plus de 2.253 décès représentant une létalité globale de 1,39% », a-t-il dit.
Le Dr Mwamba a fait savoir que l’INSP a joué un rôle crucial dans la riposte de cette maladie, notamment dans la coordination stratégique et mobilisation des ressources, l’élaboration des plans de réponse, le déploiement des épidémiologistes dans les zones de santé prioritaires.
Le D.G de l’INSP a précisé que près de 2.000. 500 personnes ont été vaccinées contre le Mpox pendant l’épidémie, prioritairement les agents de santé et les populations les plus vulnérables.
« L’épidémie a eu comme impact, une pression sur les ressources humaines et matérielles, les défis sécuritaires dans l’Est du pays et les défis en matière de communication communautaire », a-t-il dit.
Interrogé sur l’avenir du Centre de traitement de Mpox, le Dr Mwamba a noté que certains centres seront fermés et ceux qui se trouvent dans des hôpitaux de référence vont servir d’isolement en cas de détection de la maladie.
Le Mpox est une maladie virale contagieuse causée par le virus du même nom. Il est caractérisé par une éruption cutanée douloureuse, de la fièvre et des ganglions gonflés. ACP/JF

