Kinshasa, 3 juillet 2026 (ACP).– Un protocole d’accord destiné à renforcer les analyses épidémiologiques en République démocratique du Congo, confrontée à la 17e épidémie d’Ebola, a été signé entre l’École de santé publique de l’Université de Kinshasa (ESP-Unikin) et un réseau panafricain, lors d’une cérémonie organisée vendredi au sein de cet établissement situé dans le centre de la capitale.
« Vous savez qu’actuellement, le pays est en train de connaître une épidémie d’Ebola, la 17e, et on a beaucoup de contraintes. Parmi elles, il y a la question de savoir comment l’épidémie va évoluer. Pour faire ce genre d’analyse, on a besoin d’avoir des outils, et ce partenariat avec l’AIMS (African Institute for Mathematical Sciences) est aussi un moyen d’outiller les apprenants de l’école de santé publique », a déclaré le professeur Eric Mafuta, directeur de l’ESP-Unikin.
« De plus, du fait que nous travaillons pour renforcer les capacités des agents du ministère de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévention, ils bénéficieront aussi de compétences en épidémiologie mathématique et en santé publique pour pouvoir améliorer leurs capacités de prédiction et d’analyse », a-t-il ajouté.
Le professeur Mafuta a indiqué que le premier projet pensé pour l’instant penche sur une courte formation pour renforcer les capacités des assistants de l’école de santé publique et de certains cadres en épidémiologie mathématique.
En ce qui concerne le déploiement de ce partenariat à l’intérieur du pays, le directeur a précisé que la réalisation de ce projet s’appuie sur le même réseau que celui de l’école de santé publique.
« Comme je l’ai déjà dit, chaque fois qu’il y a une activité, celle-ci ne s’arrête pas à l’école de santé publique de Kinshasa. Il y a toujours une publication officielle et une vulgarisation pour que les candidats viennent. L’école fonctionne sur une base compétitive, et on va utiliser les mêmes procédures que celles habituellement appliquées pour l’école », a-t-il dit.
L’AIMS et l’École de santé publique s’allient pour anticiper les crises sanitaires
Lors de cette cérémonie, le professeur Sam Yala, représentant de l’AIMS en RDC, a rappelé la nécessité absolue de passer d’une médecine purement réactive à une gestion prédictive des crises.
« Lorsqu’on est en santé publique et que l’on est face à des défis, notamment des épidémies, il est important de pouvoir prévoir ce qui va se passer demain à partir des données qu’on a aujourd’hui. Cette prévision permettra d’aider le décideur et le pouvoir public à anticiper et prendre de bonnes décisions en vue de sauvegarder la santé des populations », a-t-il fait remarquer.
Pour le scientifique, la puissance des mathématiques réside dans leur capacité à traduire des mouvements humains complexes en courbes prévisibles et surtout, vérifiables.
« Les outils qui sont utilisés à cet effet sont vraiment des outils mathématiques : c’est la modélisation. Ce sont des outils mathématiques qui vont prévoir et prédire ce qui risque de se passer afin qu’on prenne de bonnes décisions à cet effet, et que ces décisions soient basées sur la science, comme ça elles sont réfutables », a révélé le professeur Yala, insistant sur le rôle de la technologie moderne pour franchir un cap dans l’analyse sanitaire.
« C’est ce modèle mathématique qui est utilisé avec l’aide de l’intelligence artificielle. Nous avons énormément de données, et il faut voir comment ces données peuvent contribuer à prendre des décisions. Je pense que l’impact est là, sera là ; même ici, il y a des départements qui s’occupent de l’épidémiologie mathématique et c’est vraiment très important », a-t-il conclu.
Cette synergie entre l’AIMS et l’ESP-Unikin pose les bases d’une souveraineté scientifique renforcée.
AIMS est un réseau panafricain de centres d’excellence qui propose des formations de troisième cycle entièrement financées, de la recherche et un engagement public dans les domaines STEM (Science, Technology, Engineering, and Mathematics).
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