Kisangani, 9 octobre 2025 (ACP).-Le Conseil provincial des infirmiers a exprimé, jeudi à Kisangani chef-lieu de la Tshopo, nord-est de la République Démocratique du Congo, son indignation face aux violences meurtrières perpétrées les 5 et 6 octobre 2025 contre des professionnels de santé au territoire d’Isangi, dans un mémorandum déposé au gouvernorat.
« Nous sommes profondément indignés par ces violences barbares. Rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un soignant soit tué ou agressé dans l’exercice de sa mission humanitaire », a déclaré Mr. Bonui Boliaka Jérôme, président du Conseil provincial des infirmiers de la Tshopo.
Selon lui, ces crimes traduisent le manque criant de protection dont souffrent les agents de santé dans les zones rurales, où la désinformation et les croyances mystiques nourrissent l’hostilité envers le personnel médical. « Nos infirmiers travaillent sans encadrement sécuritaire. Nous soignons, nous servons, mais nous sommes tués. C’est intolérable dans un État de droit », a-t-il martelé.
Dans son mémorandum adressé aux autorités provinciales et nationales, le Conseil a formulé trois principales revendications : l’ouverture d’une enquête judiciaire pour identifier et punir les auteurs, l’indemnisation des familles des victimes, ainsi que la prise en charge médicale complète de l’infirmier Bienvenu Lomande, grièvement blessé lors des attaques.
Le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo, a, pour sa part, assuré le Conseil de son soutien total dans la quête de justice. « Les infirmiers tombés à Yafira et Yilambi sont morts dans l’exercice d’un devoir sacré. Nous ne tolérerons plus que la vie de nos soignants soit sacrifiée par ignorance ou superstition », a-t-il affirmé.
Les chefs religieux de la Tshopo offusqués
Par ailleurs, pour leur part, les chefs de confessions religieuses de la Tshopo ont condamné, le même jour, la résurgence du phénomène de justice populaire lié aux rumeurs mystiques d’atrophie des organes masculins, appelant la population au calme, à la vigilance et au respect de la vie humaine.

« Nous déplorons avec consternation la recrudescence de la justice populaire qui a conduit à des scènes de lynchage, à de multiples atteintes à l’intégrité physique et au décès d’une dizaine de personnes, parmi lesquelles deux médecins », a déclaré Marcel Utembi, l’Archevêque de l’église catholique au nom de la délégation des chefs religieux qui a qualifié ces actes d’inhumains et contraires à la foi chrétienne et à la loi du pays. ACP/C.L.

