Kisangani, 04 septembre (ACP).- La situation de la santé sexuelle et reproductive dans la province de la Tshopo, au nord-est de la République Démocratique du Congo, a été au centre d’une réunion tenue mercredi au ministère provincial de la Santé, entre les bailleurs internationaux appuyant le secteur et les responsables des différents services de santé, a constaté l’ACP.
« C’était une réunion avec les grands bailleurs qui appuient les activités de santé sexuelle et reproductive. Ils sont venus échanger avec nous afin de mieux comprendre la situation réelle de la femme et de la santé reproductive dans la province de la Tshopo, et voir jusqu’à quel niveau ils peuvent apporter leur appui pour améliorer les conditions de vie des femmes », a déclaré Dr Thérèse-Marie Mokaria, médecin coordonnatrice provinciale du Programme national de santé de la reproduction (PNSR/Tshopo).
La situation de la prévalence contraceptive, estimée à seulement 11,2 % selon l’EDS 2024, a été présentée au groupe des bailleurs, une faiblesse qui s’explique par une couverture partielle des activités de planification familiale, des pesanteurs socioculturelles et religieuses, ainsi que par la persistance des grossesses précoces.
Les différentes parties prenantes, sous la coordination de la ministre provinciale de la Santé, Dr Nono Manganza Binti Masudi, ont souligné que la faible couverture des activités de planification familiale et le manque de structures réellement impliquées constituent un frein à l’amélioration de la prévalence contraceptive dans la Tshopo. Elles ont également insisté sur la nécessité de renforcer les relais communautaires, d’assurer une sensibilisation adaptée aux barrières socioculturelles et de mettre en place un suivi rigoureux pour garantir la bonne gestion des produits et l’efficacité des interventions.
« Nous avons insisté sur la sensibilisation de la communauté, le renforcement des capacités des prestataires et le suivi des zones de santé, tout en soulignant le besoin de réhabiliter les bureaux de la coordination provinciale et certaines maternités pour améliorer la qualité des services », a-t-elle précisé.
La présentation a permis aux bailleurs de se familiariser avec les besoins de la province en matière de santé reproductive, avant que leurs appuis potentiels ne soient officiellement décidés dans l’avenir.
La ministre provinciale de la Santé, Dr Nono Manganza Binti Masudi, a salué la tenue de cette réunion, y voyant une preuve d’engagement des partenaires à relever les défis de la santé reproductive dans la Tshopo et à tracer un avenir meilleur pour la santé.
La rencontre a réuni la ministre provinciale de la Santé, l’ambassadrice de Grande-Bretagne, celle de Norvège, les représentants de la Fondation du Fonds d’Investissement pour l’Enfance (CIFF), plusieurs directeurs pays d’ONG internationales telles que Marie Stopes, services Internationaux de Conseil en Grosses (Ipas) et Tulane International University, la directrice nationale du PNSR ainsi que d’autres acteurs du système de santé national.
Durant leur séjour à Kisangani, ces partenaires prévoient d’effectuer des descentes dans différentes structures afin de s’imprégner de la situation à la base. ACP/C.L.

