Kinshasa, 26 avril 2026.- Une table ronde a été organisée samedi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour sensibiliser les femmes à la lutte contre le paludisme à travers le projet « Voix Essentielles », dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée cette année sous le thème : « Déterminés à éliminer le paludisme : maintenant que nous le pouvons », a appris l’ACP dimanche de source associative.
« Nous avons jugé utile d’organiser une table ronde réunissant des représentants du Programme national de lutte contre le paludisme, de la Division provinciale de la santé, de la zone de santé de Binza Météo, des leaders religieux ainsi que des femmes de la communauté, afin de renforcer la coordination intersectorielle et de promouvoir une réponse inclusive, urgente et sensible au genre, en vue d’améliorer l’accès aux interventions de prévention et de lutte contre le paludisme. Il s’agit également de sensibiliser, d’informer et de susciter le débat autour des enjeux du paludisme au sein de la communauté », a déclaré Mme Sarah Kamangu, coordonnatrice adjointe du Corps des jeunes contre le paludisme (CJP-RDC/Asbl).
Elle a fait a fait savoir que la table ronde vise à sensibiliser les femmes et à renforcer leur rôle dans la lutte contre le paludisme au sein de la communauté.
La source a également expliqué que le projet « Voix Essentielles » met l’accent sur le leadership féminin. Il ambitionne d’intégrer davantage les femmes dans les instances de prise de décision, tout en intensifiant les actions contre le paludisme.
Appel à une mobilisation locale renforcée dans la lutte contre le paludisme
De son côté, le Dr Clarisse Mbo Modiri, cheffe de service des activités communautaires au PNLP, a lancé un plaidoyer en faveur d’une mobilisation locale accrue.
« Le PNLP fait face à un manque de moyens, malgré l’appui du gouvernement et des partenaires, ce qui reste insuffisant. D’où la nécessité de renforcer l’implication des organisations de la société civile dans les actions de plaidoyer. Au-delà de la dépendance aux partenaires, nous encourageons une mobilisation locale aux niveaux communautaire, provincial et national pour lutter efficacement contre le paludisme », a-t-elle déclaré.
Elle a également salué l’engagement des jeunes dans cette lutte ainsi que l’appui du partenaire Speak Up Africa dans l’organisation de cette activité.
Par ailleurs, elle a rappelé que la prévention repose principalement sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées et le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte, avec au moins quatre doses à partir de la 13ᵉ semaine de grossesse. « En matière de prise en charge, tout enfant présentant de la fièvre doit être rapidement conduit dans un centre de santé. Si le test de diagnostic rapide (TDR) est positif, le traitement antipaludique est immédiatement administré ; dans le cas contraire, une goutte épaisse est réalisée pour confirmation », a-t-elle expliqué.
Pour sa part, M. Itetya Lukuka, point focal communautaire de la zone de santé de Binza Météo, a indiqué que les données épidémiologiques récentes confirment l’ampleur de la maladie dans cette zone. À la semaine 14 du mois d’avril, 2 658 cas ont été enregistrés, dont 756 chez les enfants de moins de 5 ans et 1 902 chez les personnes de 5 ans et plus. À la semaine 15, le nombre total de cas est passé à 2 682, dont 749 cas chez les moins de 5 ans et 1 933 chez les plus âgés. Les femmes enceintes sont également fortement touchées, avec 108 cas enregistrés à la semaine 14 et 131 à la semaine 15.
Ces chiffres placent le paludisme au premier rang des maladies dans cette zone de santé, tant en termes de morbidité que de mortalité, notamment chez les enfants et les femmes enceintes, qui constituent les groupes les plus vulnérables.
Cette activité, organisée par le Corps des jeunes contre le paludisme avec l’appui financier et technique de Speak Up Africa, a connu la participation de plusieurs acteurs clés, dont Mme Jeanne Kayembe, cheffe de cellule chargée du partenariat et du financement de la santé à la DPS, ainsi que des leaders religieux et des femmes de la communauté. ACP/C.L.

