Kinshasa, 20 octobre 2026 (ACP).- Un mouvement de grève visant à réclamer le paiement des arriérés de salaire est prévu mercredi dans tous les services publics de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l’Intersyndicale de l’administration publique urbaine, lors d’une assemblée générale tenue mardi dans la capitale congolaise.
« L’Intersyndicale de l’administration publique de Kinshasa, réunie en assemblée générale extraordinaire ce mardi 20 octobre 2026, porte à la connaissance de l’opinion publique nationale, des autorités de la République, en général et de la ville, en particulier, ainsi qu’à l’ensemble des travailleuses et travailleurs kinois, le déclenchement d’un mouvement de grève générale et sectorielle dans tous les services publics de Kinshasa à partir du mercredi 21 octobre 2026. Ce mouvement vise notamment à obtenir le paiement de trois mois de salaires aux personnels des régies, des cabinets politiques ainsi que des services rattachés et assimilés, sur les 20 mois d’arriérés qu’ils accusent », a déclaré David Luyeye, son président.
Selon lui, les revendications syndicales portent également sur le paiement de cinq mois des salaires aux cadres et agents de différentes divisions déconcentrées, sur les 13 mois d’arriérés enregistrés depuis 2025, ainsi que sur la mécanisation et l’alignement des agents en activité depuis plusieurs décennies, mais qui ne sont toujours pas rémunérés.
L’Intersyndicale a exigé, en outre, la finalisation des opérations de paie interrompues pour les mois de décembre 2025, février, mars et avril 2026, en faveur des cadres et agents concernés. À ce sujet, elle évoque une enveloppe complémentaire manquante évaluée à 405 millions de francs congolais.
« Parmi les autres revendications figurent l’amélioration des conditions salariales, le réajustement du barème de rémunération, la régularisation administrative des carrières des agents dits + nouvelles unités + auprès du vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, la relance de la commission de la paie ainsi que la remise sur pied du cadre de concertation permanent », a ajouté M. Luyeye.
Il a précisé que l’Intersyndicale déplore l’absence de réponses concrètes du gouvernement provincial de Kinshasa à son cahier des charges déposé le 9 octobre 2026.
M. Luyeye a rappelé également que le préavis de grève de 72 heures, notifié aux autorités provinciales, notamment au gouverneur de la ville et aux ministres provinciaux ayant en charge la Fonction publique, le Budget et les Finances, est arrivé à expiration le 16 octobre sans qu’une solution négociée et jugée satisfaisante ait été trouvée.
« Dans ces conditions, l’Intersyndicale estime que la grève constitue désormais le moyen de pression auquel elle recourt pour obtenir la satisfaction de ses revendications, qu’elle inscrit dans le cadre des dispositions légales et réglementaires régissant les relations professionnelles et les activités syndicales dans l’administration publique », a-t-il poursuivi.
Le président de l’Intersyndicale a fait savoir qu’il s’agira d’une grève sèche et illimitée, impliquant la cessation des activités professionnelles et la fermeture des bureaux concernés jusqu’à nouvel ordre. « L’Intersyndicale appelle ainsi les cadres et agents des services publics de Kinshasa à respecter strictement ce mot d’ordre et à rester mobilisés en attendant de nouvelles orientations de leurs structures syndicales », a-t-il conclu. ACP/Bib/Mat

