Kinshasa, 05 juin 2026 (ACP).- La requête de demande de liberté provisoire d’un des prévenus dans l’affaire de la chanteuse congolaise Deborah Mulanga, connue sous le pseudonyme de Rebo Tchulo, a été rejetée jeudi par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, lors d’une audience.
«Après délibération, la requête de mise en liberté provisoire pour raison de santé, introduite par le conseil du prévenu Christian Kazadi, soldat de la Task Force, a été reçue mais jugée non fondée par le tribunal. Ainsi, il ordonne son maintien en détention et la poursuite de l’instruction», a prononcé le capitaine Guy Kwesh, président du tribunal.
Appelé à la barre lors de cette audience, M. Platini Sadisa, victime et partie civile dans cette affaire, a relaté les faits avant d’affirmer avoir été torturé et obligé d’accepter d’avoir volé le sac de la chanteuse Rebo.
«À force de continuer à me torturer, j’étais obligé d’accepter que j’avais caché le sac. Ils m’ont ramené dans la Jeep. Arrivés vers le supermarché SK sur Mondjiba, ils ont continué à me demander où j’avais caché le sac, mais je ne savais pas où, car je ne connaissais rien de ce sac. Eux-mêmes ont commencé à fouiller dans les poubelles, estimant que, par hasard, j’avais dissimulé le sac de Mme Rebo», a déposé M. Sadisa, présumé victime de l’artiste Rebo.
«On ne s’est pas limité là. Ils m’ont encore cagoulé jusqu’à l’avenue Huileries. Là, j’ai entendu le lieutenant appeler la chanteuse Rebo en lui disant ce qui suit. Comme il parlait en mains libres: “Madame, la façon dont on a torturé ce garçon pour qu’il dise la vérité sur l’endroit où il a mis le sac, en tout cas, on dirait qu’il est innocent. Il faut aussi vérifier dans votre équipe.” Rebo a seulement dit: “Ça, vraiment, ce n’est pas mon problème. Qu’il vous paie vos amendes”», a-t-il renchéri.
Cette version a été corroborée par le parquet militaire devant le tribunal.
«Nous voulons porter à la connaissance de votre tribunal que cette nuit-là, la partie civile Sadisa s’est retrouvée devant des hommes armés vers 3 heures du matin, sans défense. Aussi, par rapport à l’heure, je voulais que votre tribunal puisse s’atteler à cette heure-là, donc 3 heures du matin, l’heure à laquelle M. Sadisa a été torturé. Dans ces conditions, tout homme normal ne pouvait que céder à ses bourreaux. Vous comprendrez que c’est à la suite de ces actes de torture que la victime a pu signer l’acte que vous brandissez», a soutenu le major Cathy Nseya, magistrat militaire.

L’audience a été suspendue et renvoyée à la huitaine, a fait savoir le tribunal.
«L’audience est suspendue. Elle est renvoyée au 11 juin 2026 à 9 heures», a déclaré le capitaine Guy Kwesh, président du tribunal de céans.
La chanteuse congolaise, qui était présente lors de cette audience, est également poursuivie pour l’infraction d’incitation des militaires à poser des actes contraires à leur mission, pour des faits remontant aux 17 et 18 avril derniers, lors d’un tournage de clip. À cette occasion, un sac appartenant à l’artiste avait disparu. Selon les informations, celui-ci contiendrait notamment des documents officiels, des bijoux, une somme d’argent et des effets personnels.
Une dizaine des militaires sont mis en cause dans cette affaire dont quatre sont en fuite, signale-t-on.
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