Haute cour militaire: sept prévenus identifiés au procès des officiers généraux des FARDC

Kinshasa, 05 juin 2026 (ACP).- La Haute cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a procédé jeudi à l’identification de sept des dix prévenus dans le procès opposant le parquet général aux officiers généraux  jugés pour trahison contre le régime en place, lors d’une audience  au  deuxième Palais de Justice à Kinshasa.

«Le général d’armée Tshiwewe Songesa Christian, le général-major Nyembo Maurice,  les généraux de brigade Banza Ntambo,  Sangwa John,  Chinyabuuma Kamukinde, Ngoy wa Kabila John, le colonel magistrat Sangwa Pathy, et le colonel Mukombozi, ont été identifiés comme prévenus dans cette affaire, jugés notamment pour complot et trahison contre la République», a indiqué le colonel Jeanne-Françoise Ngalula, greffière en chef de la Haute cour militaire, selon l’extrait de rôle lu à l’audience.  

Selon ce même extrait de rôle, un colonel, un général ainsi que M. Pascal Nyembo sont en fuite.

«Qu’il plaise à votre haute cour de juger Pascal Nyembo et le général John Numbi par défaut et ce, conformément au prescrit des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire», a requis le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia, chef du parquet général militaire.

Pour sa part, le Lieutenant-général Mutombo Katalay Tiende Joseph, premier président de la Haute cour militaire, a indiqué que les prévenus absents feront l’objet d’un jugement par défaut, sans représentation d’avocats.

« M. Pascal Nyembo, les généraux John Numbi et John Tshibangu seront jugés par défaut et aucun avocat ne pourra prendre la parole en ce qui les concerne », a-t-il martelé.

Les prévenus, dont l’ancien chef d’Etat-major général des FARDC, le général d’armée Tshiwewe Christian, sont notamment accusés de complot visant à renverser par les armes le régime constitutionnel en RDC.  

« L’ancien chef d’Etat-major général des FARDC est poursuivi pour avoir détenu illégalement dans sa résidence de la Gombe un arsenal de guerre, comprenant 92 kalachnikovs, 12 RPG-7 et des milliers de munitions, saisis le 9 juillet 2025 »,  renseigne la décision de renvoi, dont lecture a été donnée par la greffière en chef de cette haute juridiction militaire, le colonel Jeanne-Françoise Ngalula.

« Il lui est également reproché d’avoir, entre 2020 et juillet 2025, fomenté avec plusieurs co-prévenus un complot armé visant à renverser l’ordre constitutionnel en RDC », a-t-elle ajouté.

« Dans une conversation téléphonique avec un haut officier militaire rwandais, le général Tshiwewe a traité Aimé Boji de traître à la disposition des talibans », a également lu la greffière.

Par ailleurs, le prévenu Pascal Nyembo est présenté comme la cheville ouvrière du réseau, accusé d’avoir assuré la coordination entre les conjurés ainsi que le financement du complot visant à renverser par les armes le régime constitutionnel en place, a poursuivi Mme la greffière.

La cause a été renvoyée à trois semaines afin de permettre aux conseils des parties de prendre connaissance des griefs et de préparer leurs moyens de défense.

« La Haute cour suspend l’audience et renvoie l’affaire à trois semaines, soit au 25 juin, pour permettre aux avocats de s’imprégner du dossier », a indiqué le premier président  Mutombo.

Cité comme tête d’affiche, le général d’armée Tshiwewe, ancien chef d’Etat-major général des FARDC, était jusqu’à son arrestation, conseiller militaire du Chef de l’État, nommé en décembre 2025. Il a été interpellé par les services de sécurité en décembre 2025 dans le cadre d’une enquête ouverte sur une présumée tentative de déstabilisation des institutions de la République. Il a ensuite été transféré au parquet militaire en janvier dernier, avant d’être placé à la prison militaire de Ndolo où il est détenu dans le cadre de la procédure judiciaire en cours. ACP/

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