Bunia, 12 avril 2026 (ACP).- La haute cour militaire siégeant au degré d’appel en chambre foraine à Bunia chef-lieu de la province de l’Ituri (Nord-est de la République Démocratique du Congo) a pris en délibéré la cause de l’appelant le lieutenant-colonel Kasereka contre l’auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC), a constaté samedi l’ACP.
Au premier degré, le prévenu commandant bataillon au moment de faits à Nyamamba entité située en territoire de Djugu au bord du lac Albert, a été condamné par la cour militaire à la peine de vingt (20) ans de servitude pénale principale pour violation de consigne, négligence de la mise en exécution de la mission de combat et perte d’armes et munitions de guerre par négligence lors des attaques de la localité de Nyamamba par la milice Convention pour la révolution populaire(CRP) la nuit du 07 au 08 août 2025.
Avant de se retirer dans le délibéré la haute cour militaire présidée par le général de brigade magistrat Kalala a reçu le réquisitoire du ministère public et la plaidoirie des avocats du conseil du prévenu sous examen.
« Vous allez dire recevable cet appel mais non fondé et par voie de conséquence de le rejeter et de confirmer l’œuvre du premier juge et ça sera justice« , a requis l’organe accusateur.
En revanche dans leur plaidoirie les avocats du conseil du prévenu le lieutenant-colonel Kasereka ont sollicité de la haute cour l’annulation du l’œuvre du premier juge arguant sur l’insuffisance de motivation.
« Hier je vous ai suivi à la haute cour siège national vous jugez de généraux qui ont fui et ils ont laissé de jeeps, matériels lourds ils sont partis. C’est la même haute cour et là vous jugez [Lt colonel Kasereka] un officier supérieur qui, lui a résisté et il a protégé la cible des ennemis qui était Nyamamba« , a plaidé Me Ruffin Lukoo Musubao.
Il a soutenu devant les membres de la composition que après avoir constaté que les éléments du bataillon de son client ont été dégarnis l’ennemi a profité pour lancer les attaques dénonçant de l’occasion le fait que 80% de procès devant les juridictions militaires ce sont les commandants qui traduisent leurs éléments devant la justice où il n’y a presque pas d’acquittements.
Et Me Balinda de renchérir « n’eût été le lieutenant-colonel Kasereka ce jour-là la nuit du 07 au 08 Août 2025 Nyamamba devrait tomber. Voilà la récompense d’un homme qui a tenu Nyamamba et le ministère public veut sa tête pour une condamnation de vingt(20) ans. L’oeuvre du premier juge doit être annulée. Pourquoi ? Parce que la motivation est appuyée sur de conclusions non cohérentes ».
Dans la foulée Me Balinda a rappelé la jurisprudence de la haute cour militaire qui a eu à acquitter le major Sandoka qui était condamné au premier degré à la peine de mort sollicitant l’arrêt similaire de cette haute juridiction militaire au profit de son client qui, d’après lui aurait résisté à vingt(20) attaques de la milice CRP.
« La nuit du 07 au 08 Août 2025 à sa qualité du commandant bataillon le lieutenant-colonel Kasereka n’a violé aucune consigne. Par contre, il a tenu aux tactiques militaires jusqu’à ce que son chef hiérarchique est arrivé le matin l’a trouvé vivant avec 27 hommes. La nuit du 07 au 08 c’était la vingtième attaque« , a-t-il fait savoir.
ACP/C.L.

