Kinshasa, 22 janvier 2026 (ACP).- La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) et l’Unicef ont accusé, dans leurs rapports, le M23-AFC, soutenu par l’armée rwandaise, des violations graves des droits des enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a relevé, jeudi, un expert dans un entretien avec l’ACP.
«Les résultats du rapport de la CNDH sont très inquiétants, on a documenté plus de milliers des cas des viols d’enfants au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, alors que l’Unicef, a indiqué que dans les mêmes provinces, les violences sexuelles liées au conflit ont augmenté de manière constante depuis 2022, avec une hausse marquée de cas impliquant des filles, qui représentent 47% des survivants», a expliqué Me Samuel Atweka, expert à la CNDH.
Il a rappelé que ces deux rapports de la CNDH et de l’Unicef ont été publiés respectivement à la fin du mois de décembre 2025 et début janvier 2026.
Le premier s’intitule : «Rapport sur les violations massives et systématiques des droits des enfants commises au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, de janvier à juin2025», alors que celui de l’Unicef a pour titre: «Les cicatrices cachées du conflit et du silence, les violences sexuelles contre les enfants en RDC (2022-2025)».
Cet expert a, en outre, soutenu que la CNDH, par le biais de sa sous-commission permanente des droits de la femme et de l’enfant, travaille en étroite collaboration avec l’Unicef.
Ce qui a justifié, selon lui, que les deux rapports d’enquêtes réalisés de manière sérieuse ont donné les mêmes résultats, en pointant du doigt au Rwanda et ses supplétifs du M23-AFC d’avoir commis beaucoup d’exactions notamment sur les enfants, plus particulièrement les filles.
Des milliers des cas de viol d’enfants
Ainsi, dans le rapport de la CNDH-RDC, lu à l’occasion de sa publication par Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l’enfant, avait documenté, outre des milliers des cas des viols d’enfants dans ces provinces, mais également des cas de meurtres et de mutilations d’enfants recueillis non seulement dans les camps des déplacés, mais aussi ailleurs impliquant, pour la plupart, des éléments de RDF et du M23-AFC.
Toujours dans ce rapport de la CNDH, les enquêtes ont également relevé plusieurs cas de recrutement forcé d’enfants, des attaques contre les hôpitaux, comme les bombardements par le M23-AFC, en date du 27 janvier 2025, du département de néo-pathologie de l’hôpital la Charité à Goma, causant la mort de 11 nouveau-nés et 8 enfants blessés.
Le rapport a fait, en outre, allusion aux nombreux cas d’enlèvement, le blocus contre l’accès à l’aide alimentaire ayant entraîné la famine généralisée dans les zones occupées et l’accroissement de la criminalité juvénile ainsi que des arrestations massives et systématiques des enfants dits de la rue et des violations des droits à l’éducation pour les enfants ayant perdus l’accès à l’école de suite de la guerre.
Violences sexuelles contre les enfants, un problème omniprésent
Par ailleurs, dans le rapport de l’Unicef, les enquêtes ont relevé, de leur côté, que les violences sexuelles contre les enfants en RDC restent un problème omniprésent et profondément déstabilisateur, a relevé cet avocat.
«Malgré des décennies d’efforts soutenus aux niveaux national et international, les violations se poursuivent à un rythme alarmant dans le pays», peut-on lire aussi dans ce document de l’Unicef, indiquant qu’entre janvier et septembre 2025, plus de 35.000 cas de violences sexuelles contre les enfants ont été enregistrés.
Selon ce dernier rapport, dans les provinces de l’Est, (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri), les violences sexuelles liées au conflit ont augmenté de manière constante depuis 2022, avec la hausse marquée des cas impliquant des filles, qui représentent 47% des survivants documentés liés au conflit en 2024 contre 27% en 2022.
Les résultats des enquêtes dans ce rapport de l’Unicef soutiennent que les acteurs armés non-étatiques demeurent les principaux auteurs de ces violences, opérant dans un contexte marqué par la faiblesse des mécanismes de recevabilité et par une impunité persistante », a conclu cet expert de la CNDH. ACP/C.L.

