Kinshasa, 29 juillet 2026 (ACP).- Un appel aux autorités publiques a été lancée mercredi, lors d’une interview, par un assistant social, pour la sensibilisation à toutes formes de discrimination en République démocratique du Congo, à l’occasion de la « journée mondiale pour la diversité socioculturelle et la lutte contre la discrimination ».
« Nous appelons les autorités publiques, les responsables communautaires, les établissements scolaires et les organisations de la société civile à intensifier les actions de sensibilisation afin de prévenir toutes les formes de discrimination », a déclaré Didier Kabeya, assistant social et chef de pool du tribunal pour enfants de Gombe.
« Aujourd’hui, les discriminations que nous observons sont souvent liées à l’appartenance tribale. Certaines communautés sont victimes de préjugés qui limitent leur accès au logement, à l’emploi ou à certaines responsabilités, simplement en raison de leur origine », a-t-il ajouté.
Selon lui, les personnes victimes de discrimination développent un sentiment de rejet et de frustration susceptible d’alimenter des conflits communautaires.
« Lorsque des citoyens sont constamment exclus, ils finissent par se replier sur leur communauté et à développer des mécanismes de défense. C’est ainsi que naissent les tensions entre groupes, alors que chaque Congolais devrait être considéré pour ses qualités et ses compétences, et non pour son appartenance ethnique », a-t-il expliqué.
M. Kabeya a estimé, par ailleurs, que la RDC en tant que pays multiculturel et multilingue, devait faire de sa diversité un facteur d’unité plutôt qu’un motif de division.
« Notre pays compte plusieurs communauté, langues et cultures. Cette diversité est une richesse qui devrait renforcer la nation. Malheureusement, les discriminations socioculturelles affaiblissent la cohésion nationale au lieu de le consolider notre unité », a-t-il souligné.
L’assistant social a dénoncé la persistance des pratiques discriminatoires dans plusieurs secteurs de la société, notamment dans les écoles, les communautés, les confessions religieuses et certains milieux professionnels.
« Refuser des responsabilités à une personne en raison de son appartenance tribale ou de son sexe est contraire aux valeurs de justice et d’égalité. Aujourd’hui, ce sont les compétences qui doivent guider les choix et non l’origine ou le genre », a-t-il affirmé.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble et à respecter nos différences. Discriminer une communauté ne fait qu’affaiblir notre nation et compromettre la cohésion nationale ; il est temps de dire : plus jamais ça », a-t-il conclu.
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