Kinshasa : le changement de Constitution, envisageable « quand il vise à améliorer l’efficacité institutionnelle » (Recteur de l’Université du Cepromad)

Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).- Le changement de Constitution est envisageable s’il vise à améliorer l’efficacité institutionnelle et le développement du pays, a soutenu mercredi un professeur émérite lors de son intervention au colloque scientifique national organisé à l’Université de Kinshasa (Unikin), dans la capitale de la République démocratique du Congo.

« Du point de vue du management juridique, un changement de la Constitution peut être envisagé lorsqu’il vise à améliorer l’efficacité institutionnelle et le développement du pays. Toutefois, cette réforme doit être prudente, consensuelle et respecter les principes démocratiques fondamentaux. Ainsi, la question n’est pas seulement d’être pour ou contre le changement, mais de s’assurer que toute modification réponde à l’intérêt général de la RDC », a dit le professeur émérite Oscar Nsaman, Recteur de l’Université du Cepromad.

Intervenant sur le thème « Evaluation de la Constitution de la RDC de 2006 du point de vue du management juridique : pour ou contre le changement ? », le professeur Nsaman a indiqué que la Constitution de la RDC de 2006 a permis le retour à l’ordre constitutionnel, la séparation des pouvoirs et la reconnaissance des droits fondamentaux.

« Cependant, après plusieurs années d’application, des débats existent sur son adaptation aux réalités actuelles. (…) Certaines dispositions présentent des difficultés d’application pratique. Le contexte politique, économique et sécuritaire a évolué depuis 2006. Une réforme pourrait renforcer la gouvernance, l’efficacité des institutions et la décentralisation », a-t-il expliqué.

Le management juridique, selon lui, exige une adaptation continue des normes aux besoins de la société.

Il a poursuivi que la Constitution actuelle offre déjà un cadre juridique relativement complet, précisant que le problème réside souvent dans le non-respect des textes plutôt que dans leur contenu.
Des modifications fréquentes peuvent aussi « créer une instabilité institutionnelle », avant de plaider pour « la protection de l’État de droit et de certains principes fondamentaux ».

Pendant trois jours, les universitaires congolais se réunissent dans trois pools situés à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, autour d’un colloque scientifique axé sur l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006, vingt ans après. Ladite activité est organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et Innovations (Esursi).

ACP/

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