Kinshasa, 27 janvier 2026 (ACP).- Une nièce a été attraite en justice par son oncle pour s’être vu investie comme propriétaire de sa parcelle sur base d’un faux procès-verbal du conseil de famille, lors d’une audience au tribunal de grande instance de Matete, au centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«Notre client Beya Badinengani est propriétaire d’une parcelle à Limete qu’il occupe à ce jour. Il a commencé à ressentir une tentative de spoliation de son bien initiée par sa nièce Mme Carine Ngandu, bénéficiaire d’un jugement rendu par votre juridiction sur base d’une fausse pièce, d’où nous sommes venus en procédure d’opposition pour attaquer le jugement rendu», a déclaré Me Christopher Djuma, avocat de M. Beya Badinengani.
Il a indiqué que l’audience de ce jour avait pour devoir la plaidoirie, mais il a demandé au juge de surseoir sa saisine, car il existe une action pénale ouverte pour les mêmes intérêts au parquet général de Matete.
«L’essentiel de notre demande est la surséance tirée du principe général du droit: le criminel tient le civil en état. L’application du droit qui consacre la primauté de l’instruction pénale à celle du civil vaudrait que toutes les fois que le juge pénal et civil sont saisis des mêmes faits, ce dernier doit surseoir en attendant que le juge pénal ait vidé sa saisine», a ajouté cet auxiliaire de la justice.
En réaction, l’avocat de Mme Carine Ngandu, la partie défenderesse a demandé au juge de rejeter le moyen relevé par la partie adverse au motif que la cause pendante au parquet général de Matete n’a aucune incidence sur l’affaire civile présente.
«Il n’y a donc pas besoin de surséance», a-t-elle renchéri.
«Pour que ce principe soit valable, il faut aussi que la cause pénale ait une incidence sur l’affaire civile. D’ailleurs ils ont été incapables de vous produire le jugement rendu qui est attaqué. Par quel miracle il a su qu’il y a eu un jugement rendu ? », s’est-elle interrogée.
Cet avocat a aussi montré que sa cliente est la fille de Mme Mwadi Odia, mère biologique de quatre enfants et parmi ses enfants l’aîné se trouve être Mme Carine Ngandu.
«La partie demanderesse, c’est le petit frère de la maman de ma cliente. Profitant de sa minorité, il s’est approprié la fiche parcellaire, avant d’être investi liquidateur. L’apporter au conseil de famille et l’unique parcelle lui appartenant et elle a même commencé à percevoir les loyers de la parcelle. Beya n’as pas pu faire disparaitre les traces qui montrent qu’il avait usurpé son identité», a martelé ce professionnel du droit.
Le Tribunal s’est dit suffisamment éclairé, a renvoyé la cause au 26 février pour se prononcer.
ACP/ODM

