Kinshasa: un père condamné au premier degré pourdélaissement d’enfants interjette appel

Kinshasa, 28 octobre 2025 (ACP).- Un père a interjeté appel mardi contre sa condamnation par le premier juge, pour délaissement et non-scolarisation de ses enfants, devant le Tribunal de grande instance de Gombe, au nord de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une audience.

«Monsieur le président, nous avons saisi votre tribunal en appel pour mal jugé du premier degré, car il y avait manque de preuves, et lorsqu’il y a manque de preuves, il y a doute, et les doutes ne bénéficient qu’à l’accusé que nous sommes», a déclaré l’avocat du prévenu David Milambo.

Cet avocat a fait valoir que les faits de délaissement ne pouvaient être retenus contre son client dans la mesure où la femme et les enfants avaient quitté volontairement le domicile conjugal.

«Quand une épouse s’en va avec les enfants vers une destination inconnue, sans permettre au père de les voir, on ne peut pas parler de délaissement. C’est une infraction impossible», a-t-il expliqué, soutenant que «c’est plutôt la mère qui a privé les enfants de la présence et du soutien du père».

Abordant l’infraction de non-scolarisation, l’avocat a affirmé que son client avait pris toutes les dispositions nécessaires pour l’éducation des enfants.

«Les enfants bénéficiaient de la gratuité à zéro mètre de la maison. Mon client avait même remis 700.000 francs à sa belle-famille pour leur scolarité», a-t-il plaidé, avant d’ajouter: «Condamner le père, c’est priver davantage les enfants des moyens de survie».

Le prévenu David Milambo, invité à s’exprimer, a déclaré: «Je n’ai jamais refusé de m’occuper de mes enfants. J’ai fait ce que je pouvais, mais c’est leur mère qui a refusé toute communication». 

En réplique, la partie citée, (Mère et enfants délaissés) par le biais de leur avocat conseil, a rejeté ces arguments, rappelant que le prévenu avait lui-même reconnu devant le premier juge avoir négligé l’éducation de ses enfants.

«Le prévenu avait déclaré qu’il n’envoyait pas ses enfants à l’école parce qu’ils n’étaient pas intelligents», a affirmé l’avocat de la partie citée, estimant que cette déclaration constitue «un aveu d’une gravité morale et juridique inacceptable».

Et de poursuivre: «Il a aussi reconnu avoir remis 250 dollars à son épouse pour un petit commerce, avant de se désengager totalement de ses responsabilités parentales. C’est ce comportement irresponsable que le premier juge a sanctionné conformément à la loi».

Pour sa part, le magistrat du parquet a déclaré établit  l’infraction de délaissement d’enfants à l’ égard de Prévenu Milambo, avant demandé  au tribunal  de confirmer le jugement entrepris dans toutes ses dispositions. En première instance, le Tribunal de paix de Ngaliema avait condamné David Milambo à un an et six mois de servitude pénale principale pour délaissement et non-scolarisation d’enfants. L’affaire oppose Monsieur Milambo à son épouse Madame Sudila Milambo. Le tribunal a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 6 novembre prochain. 

ACP/ODM

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