Kinshasa, 9 avril 2026 (ACP).– Une directrice d’une école et son adjoint ont été jugés jeudi, pour détournement de frais de fonctionnement de ladite école, lors d’une audience du tribunal de grande instance de N’djili, dans l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo ( RDC).
« Nous sommes envoyés par les enseignants de l’école Complexe scolaire Bolingo de la Nsele, une école privée agréée pour poursuivre la directrice Angel Lomana et son adjoint Antoine Ebasumu pour le détournement de frais de fonctionnement », a déclaré Me Jean-Marie Otshudi, avocat de Sadi Nyati et Cédric Tshitundu, délégués des enseignants.
Et de poursuivre : « Les bancs sont abîmés pas de réhabilitation, pas de peinture dans les murs, parfois nous manquons les craies pour écrire. Après vérification, nous avons compris que l’État donne les frais de fonctionnement à chaque fois, ils doivent nous expliquer où vont les frais de fonctionnement que l’État donne à notre école ».
En réaction, Me Guelore Muamba, avocat de la directrice incriminée et son adjoint Ebasumu a soulevé les moyens liés à l’irrecevabilité de cette action.
« Votre tribunal ne peut pas recevoir cette action, car, il y a la mauvaise direction. En ce qui concerne les frais de fonctionnement, ils devraient s’adresser au coordonnateur de l’école mais pas à la directrice. Il y a aussi obscurité dans les libellés et défaut d’objet du fait que la directrice ne peut pas rendre compte à un enseignant », a martelé Me Muamba.
Et d’ajouter : « Il y a également excès de pouvoir dans le chef des enseignants puisque la directrice ne peut pas être contrôlée par un enseignant qui est son subalterne ; c’est le coordonnateur qui a qualité d’intenter cette action en justice. Par conséquent, votre tribunal va déclarer cette action irrecevable et non fondée », a-t-il conclu
Pour sa part, le magistrat du parquet a démontré clairement que les moyens soulevés par la citée (avocat de la directrice) sont irrelevants.
« Je commence par le défaut de qualité, nous sommes au pénal, toute personne lésée a droit de saisir la justice. Pour la mauvaise direction, c’est un moyen qui s’applique au civil et non au pénal. Pour le défaut d’objet, c’est la demande qui est l’objet, comme il y a une demande donc, il y a aussi un objet. Concernant l’obscurité dans les libellés, ce moyen s’applique lorsque les mentions substantielles ne sont pas reprises. L’exploit est régulier et clair. Par ces motifs, vous allez déclarer tous ces moyens irrelevants, avant de les rejeter en bloc. Ensuite, vous allez déclarer la demande des enseignants recevable et fondée« , a conclu le magistrat du parquet.
Le tribunal a pris tous les moyens soulevés par la partie citée en délibéré pour se prononcer dans le délai de la loi et poursuivre l’instruction de la cause au fond. ACP/JF

