Kinshasa, 15 mai 2026 (ACP).- Un consortium des défenseurs de l’environnement a sollicité, jeudi, l’implication de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) dans les efforts pour la protection de leurs membres en situation alarmante en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence de presse.
«La situation actuelle des défenseurs de l’environnement et des activistes climatiques dans les provinces de l’Ituri, du Maniema, du Haut-Uélé, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est alarmante et nécessite une action immédiate», a déclaré Vicar Batundi, lead de ce consortium des défenseurs de l’environnement, en présence de M. Paul Nsapu, président de la CNDH.
Ce consortium réunit les organisations; Foyer de développement pour l’autopromotion des personnes indigentes et en détresse (FDAPID) et Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH).
Il a profité de l’occasion pour appeler à la réforme juridique et institutionnelle qui doit devenir une priorité pour garantir un environnement propice à la préservation des droits humains et de l’environnement, tout en assurant la sécurité des défenseurs et des communautés locales.
Pour lui, à travers la conférence de presse, son consortium a voulu attirer l’attention des autorités nationales, des partenaires internationaux, des entreprises extractives ainsi que de l’opinion publique sur l’urgence de garantir la protection et la sécurité de sentinelles de la planète contre toute forme de menace.
«Ici et maintenant, nous réaffirmons que la protection des défenseurs des droits humains est une obligation légale et morale conformément à la Constitution congolaise et à la loi n°23/027, du 15 juin 2023, relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’Homme (DDH) en RDC ainsi qu’aux instruments juridiques régionaux et internationaux», a-t-il soutenu.
Bien avant, le président de la CNDH a accordé une audience aux représentants de ce consortium, qui réunit, il faut le rappeler, des défenseurs de l’environnement, des droits fonciers et des ressources naturelles en RDC. L’occasion était donnée au lead Vicar Batundi de remettre une note de plaidoyer au président Paul Nsapu.
Ainsi dans ce plaidoyer, un message précis a été lancé aux autorités: « Nous comptons sur votre engagement pour prendre des mesures concrètes en faveur d’une réforme du secteur des ressources naturelles, d’une protection accrue des droits et libertés des défenseurs de l’environnement, et la protection des aires protégées contre les destructeurs de la faune et flores sauvages».
Il a relevé également que les défenseurs de l’environnement font face à des menaces et des arrestations notamment au niveau de certaines provinces du pays. Raison pour laquelle, il tient à l’application sans faille de la loi sur la responsabilité et la protection des DDH en RDC.
La nécessité des DDH de se faire enregistrer à la CNDH

Le président Paul Nsapu a salué la démarche du consortium des défenseurs de l’environnement qui travaillent dans un contexte actuel où il y a la ruée vers l’exploitation des ressources de la RDC « qualifiée de pays solution », alors qu’elle fait aussi face aux convoitises de ses richesses et plusieurs autres difficultés.
«La démarche citoyenne engagée par le consortium est saluée par l’ensemble des membres et cadre de la CNDH. Nous travaillons sur cette thématique par rapport à la loi que nous avons obtenue, une loi qui souligne la responsabilité du DDH ainsi que sa protection. Nous appliquons déjà cette loi. Même pendant les dernières élections, la CNDH n’a pas hésité d’appliquer cette loi, et faire libérer des DDH qui observaient le processus électoral en ce temps-là», a fait savoir le président de cette institution citoyenne.
Il a, en outre, rappelé que son institution a mis en place un dispositif, dans son siège à Kinshasa, qui enregistre, identifie les DDH individuellement et indépendamment de leurs organisations.
Le président Nsapu a relevé que pour faire face aux difficultés qu’éprouvent les DDH, il faut sensibiliser et vulgariser la loi sur la responsabilité et la protection des activistes au niveau national et au niveau province. Cela, pour permettre notamment aux autorités d’appréhender et de s’imprégner de cette loi sur les DDH.
ACP/ODM

