La RDC s’inspire du modèle carcéral chinois pour moderniser ses prisons

Pékin, 22 avril 2026 (ACP).- Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo a visité mercredi la prison centrale de Pékin en Chine, pour s’inspirer de la gestion chinoise afin de moderniser les centres de détention de ce « grand pays au cœur de l’Afrique », selon un communiqué parvenu à l’ACP.   

« Nous voulons lancer des pistes de collaboration pour moderniser, améliorer et organiser nos prisons », a affirmé Guillaume Ngefa, ministre congolais en charge de la Justice, cité par la source.

Il a fait savoir que le modèle chinois constitue un « cas d’école » pour la RDC qui est confrontée à des défis structurels majeurs citant entre autres la surpopulation carcérale « chronique », les infrastructures délabrées, l’accès difficile aux soins médicaux et à l’alimentation, ainsi que des failles sécuritaires récurrentes.

Le ministre Ngefa a particulièrement salué la transition numérique de l’administration pénitentiaire chinoise qui prend en compte la digitalisation des dossiers, la surveillance électronique et interconnexion des services, autant de pistes que Kinshasa souhaite explorer, a-t-on appris en outre.

D’après le même communiqué, l’accès à la prison centrale de Pékin est régi par des protocoles « stricts » comme l’interdiction « totale » des téléphones et caméras, les contrôles systématiques et surveillance de pointe, avec des robots intelligents pour détecter et signaler toute présence étrangère ou non autorisée dans l’enceinte de cette prison abritant 800 détenus. La même source ajoute que des détenus participent à des séances de rééducation par la récitation de poèmes, illustrant une « discipline de fer » mêlée à un programme de réinsertion.


« Transformer le prisonnier en citoyen »

Pour Li Taosuo, directeur de cet établissement de rééducation, la mission de la prison dépasse la simple privation de liberté.

« L’établissement n’est pas seulement un lieu de rigueur, mais aussi un centre de rééducation par le travail. Nous garantissons à chaque détenu le droit à la santé et à la formation afin de préparer sa réinsertion. Notre but est de transformer chaque prisonnier en un citoyen respectueux de la loi », a-t-il déclaré, soulignant également l’importance des mécanismes de remise de peine.

Fondé en 1909, cet établissement « historique » se distingue par « son organisation rigoureuse », a-t-on appris en outre, précisant que loin de l’image de vétusté, les bâtiments en briques grises offrent des espaces aérés avec des dortoirs de huit lits, un centre hospitalier doté d’une dizaine de médecins, une bibliothèque et des ateliers de formation professionnelle.

Accompagné d’une délégation comprenant François Balumuene, ambassadeur de la RDC en Chine et le député national Albert Iwondo Ilonga, le gouvernement congolais via le ministre de la Justice, ambitionne, de jeter les bases d’un mécanisme de coopération judiciaire et pénitentiaire durable avec Pékin, afin de transformer son système pénitencier souvent décrié en un véritable outil de réhabilitation sociale, note-t-on.

ACP/

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