Kinshasa 22 avril 2026 (ACP).- La création à Kinshasa, capitale de la République démocratique Congo, de l’ Académie francophone pour servir de cadre notamment de plaidoyer pour la reconnaissance des génocides perpétrés au pays de Lumumba, a été annoncée mercredi au ministre congolais des Droits humains, lors d’un échange avec un député français, selon un communiqué consulté par l’ACP.
« Ce mercredi 22 avril, Samuel Mbemba, ministre des Droits humains, a accordé une audience à Aurélien Touche, député français, porteur d’un ambitieux projet de la création d’une Académie francophone dont le siège sera établi à Kinshasa. L’Académie francophone servira de cadre notamment de plaidoyer pour la reconnaissance des génocides congolais », a-t-on lu dans cette note de la cellule de communication dudit ministère congolais.
La source précise que le député français qui a exposé sur le fonctionnement et la portée « stratégique » de cette future institution, mettant en avant une académie dédiée à la promotion de la langue française en RDC, « deuxième pays francophone au monde en termes de locuteurs, avec environ 78 % des 100 millions d’habitants parlant français », selon le ministère délégué français en charge de la Coopération internationale et francophonie.
Par ailleurs, la communiqué indique que le ministre Mbemba a apprécié l’initiative qui entre dans le cadre de ses attributions, notamment l’implémentation de la justice transitionnelle ainsi que mener des plaidoyers en faveur de la reconnaissance des génocides commis en RDC par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC.
Pour rappel, des rapports documentés par les Nations Unies, des ONG internationales comme Human Rights Watch, et d’autres enquêtes, ont fait état de massacres de civils, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans l’est de la RDC perpétrés par la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) et ses alliés, avec un soutien « actif » de l’armée rwandaise (RDF).
En novembre 2022, le massacre de Kishishe et Bambo a fait au moins 131 civils tués, selon l’ONU, dans ce qui a été qualifié de crimes de guerre, tandis qu’en juillet Human Rights Watch a documenté l’exécution de plus de 140 civils et d’autres estimations évoquent plus de 300 morts par le M23 dans le territoire de Rutshuru.
Des viols collectifs systématiques ont été également rapportés, utilisés comme armes de guerre pour briser la dignité des communautés locales et des zones stratégiques ont été occupées, y compris la mine de coltan de Rubaya (avril 2024), finançant ses activités par le trafic de minerais, a-t-on lu en outre.
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