Le prévenu général Yav dépose un mémoire unique devant la Haute cour militaire

Kinshasa, 07 janvier 2026 (ACP).- Le prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la troisième zone de Défense, a déposé, par le canal de ses avocats, un mémoire unique devant la Haute cour militaire, lors de l’audience d’instruction tenue mardi à Kinshasa.

«Nous soulevons les exceptions sur l’incompétence de la Haute cour militaire, l’omission d’informer le commandant de l’arrestation du prévenu, la nullité de sa poursuite engagée avant l’autorisation du Président de la République, le caractère arbitraire de l’arrestation et l’atteinte à la dignité humaine et au droit à la santé», ont déclaré les avocats du prévenu général Yav Irung Philémon dans ce document.

«Sur ce, nous demandons à la Cour de céans d’ordonner la main levée de la détention de notre client parce que l’Auditeur général, ministère public, l’a gardé au-delà de 12 mois sans autorisation de la prorogation de la détention préventive. Aussi, nous sollicitons la mise en liberté provisoire du prévenu général Yav pour lui permettre d’aller se faire soigner», ont-ils sollicité.

Les Conseils du prévenu Yav ont, enfin, sollicité l’écartement de tous les procès-verbaux dressés par la commission spéciale instituée pour auditionner le Général Yav lors de l’instruction préparatoire.

En réaction à ce que la défense a qualifié d’irrégularités de la procédure, l’Auditeur général, ministère public, a fait savoir qu’en vertu du système de la compétence personnelle à l’honneur à la Justice depuis 1964, le Lieutenant-général Yav Irung Philémon a comme juge naturel la Haute cour militaire.

«Juste après l’audition du Général Yav par la commission, le Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité a, par sa lettre du 19 septembre 2022, informé le Chef d’Etat-major général de la décision de sa mise à disposition de la justice», a poursuivi l’organe de la loi.

«Placé sous mandat d’arrêt provisoire le même jour, le Général Yav a été entendu immédiatement après», a martelé l’accusation, avant d’affirmer n’avoir pas détenu le prévenu pendant 12 mois, car l’ayant renvoyé devant la Haute cour militaire depuis le 18 novembre 2022.

«L’ouverture du procès était butée à un cas de force majeure. Puisque conformément à la loi, le juge doit avoir un grade soit égal soit supérieur à celui du prévenu, il a fallu compléter le siège», a précisé l’Auditeur général.

Pour toutes ces raisons, le Maître de l’action publique a demandé à la Haute juridiction militaire de déclarer non fondés tous les moyens développés par les Conseils du prévenu Yav et de les rejeter.

La Haute cour militaire va prononcer son arrêt avant dire droit sur ces préalables à la date du 20 janvier 2026.

Toujours cette audience du mardi, la Haute cour militaire a identifié le prévenu Tshiboko Shauri Issa, chauffeur à Bukavu, poursuivi pour avoir transporté en 2021 les armes et munitions de guerre au groupe Twigwaneho de Makanika, allié des terroristes de la coalition RDF/M23/AFC à Minembwe sur l’ordre du Lieutenant-général Yav Irung Philémon, alors commandant de la troisième zone de Défense.

L’Auditeur général, ministère public, lui reproche également d’avoir tenu des réunions à bord du bateau « Emmanuel Kat » à Bukavu en vue de balkaniser la République démocratique du Congo et exporter illicitement les minerais vers le Rwanda par le poste frontalier de la Ruzizi 2. ACP/ODM

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