Manifestation du 8 juillet en RDC : « les organisateurs s’apprêtent à porter atteinte aux droits humains » (Ministre des Droits humains)

Kinshasa, 24 juin 2026 (ACP).- Des « atteintes aux droits humains dans le cadre de la manifestation prévue le 8 juillet prochain » sont à craindre, a révélé mercredi le ministre des Droits humains de la République démocratique du Congo, lors d’une réunion tenue à Kinshasa avec des représentants des partis politiques de la majorité, de l’opposition et des représentants de la société civile et des confessions religieuses.

« Nous n’avons pas manqué de signaler ce que nous apprenons de plusieurs sources concordantes. Nous apprenons que, dans le cadre des manifestations à venir, dont celle prévue le 8 juillet, il y aura atteinte à des vies humaines parmi les participants et que cela sera fait pour en faire porter la responsabilité aux agents publics », a déclaré Samuel Mbemba, ministre des Droits humains.

« En clair, ce sont les organisateurs de la manifestation eux-mêmes qui s’apprêtent à commettre ce forfait, pour ensuite en faire porter la responsabilité aux agents publics », a-t-il ajouté, s’adressant à la presse lors de la restitution de la réunion qu’il a eue avec les représentants des différentes forces vives.

S’agissant de l’objet de cette rencontre, il a réaffirmé la volonté du gouvernement de protéger la vie de chaque Congolais.

« L’objectif était de rappeler que chaque vie des Congolais compte pour le gouvernement et que, dans notre devoir de promouvoir et de protéger les droits humains, nous travaillons pour que, s’il y a des manifestations, il n’y ait pas d’atteinte aux droits humains, à l’intégrité physique des personnes, et que les biens des citoyens soient également protégés », a-t-il insisté, avant de rappeler que la liberté d’expression est consacrée par la Constitution.

Et de marteler : « pour le ministère des Droits humains, le droit de chaque Congolais compte. Les manifestants que vous allez mobiliser doivent pouvoir manifester et retourner chez eux avec leur intégrité physique préservée et leur vie intacte ».

Dans ce même ordre d’idées, il a soutenu que la commune de la Gombe est une zone neutre qui doit être respectée.

« La commune de la Gombe avait été déclarée zone neutre. Cela n’a rien à voir avec les manifestations actuelles, mais relevait de raisons de sécurité. Dès lors, les manifestations à organiser ne doivent pas constituer des actes de provocation, car se rendre dans une zone déclarée neutre depuis longtemps est une provocation. Le ministère des Droits humains se donne le devoir de dénoncer cela, parce que les personnes qui pourraient prendre part à ces manifestations méritent d’être protégées », a encore indiqué le ministre Mbemba.

Le ministre des Droits humains a, par ailleurs, révélé qu’un cadre de concertation a été mis en place afin de favoriser l’échange d’informations avec les différentes parties sur l’évolution de la situation et les éventuelles atteintes aux droits humains, en vue de mener des enquêtes.

« Au-delà de tout, les représentants qui ont pris part à la réunion ont proposé qu’il y ait un cadre de concertation permettant, de temps à autre, de transmettre au gouvernement les informations dont ils disposent et, le cas échéant, d’évaluer ensemble l’évolution de la situation, voire d’organiser des enquêtes en cas d’allégations de violations des droits humains », a conclu Samuel Mbemba.

Dans un communiqué publié le 19 juin 2026, le ministère des Droits humains avait convoqué, pour le mercredi 24 juin, une rencontre avec les parties précitées. Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de promouvoir les échanges entre les différentes composantes de la vie nationale sur les droits et libertés garantis par la loi fondamentale congolaise.

ACP/AH

Fil d'actualités

Sur le même sujet