Kinshasa, 19 mars 2026(ACP).- Le magistrat du parquet a demandé, jeudi, au tribunal pour enfants de Kinkole, dans l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), d’examiner la victime de coups et blessures pour avoir un rapport médical détaillé afin d’éclairer sa religion sur les faits, lors d’une audience.
« L’avocat demande l’examen de son client Henri Mubiala, victime des coups et blessures. De l’autre côté la partie enfant en conflit avec la loi, Michée Zenga, vous a demandé de rejeter ce moyen.
Nous pensons que cette demande est fondée. Qu’il plaise à votre tribunal de recevoir le moyen lié à l’examen médical de la victime. Sur la question relative à l’âge de l’auteur des faits, la loi avait déjà tranché cette question. En cas de doutes sur l’âge de l’enfant, c’est la minorité qui prime, tel est notre avis », a dit le magistrat du parquet.
Me Raphael Londola, avocat de la victime Mubiala a demandé au tribunal de faire examiner leur client avant toute instruction au fond.
« Le préjudice est énorme, notre client a perdu ses trois dents lors de ce duel ; nous constatons que cet enfant a déjà atteint l’âge de la maturité, il faut le conduire devant son juge naturel, puisqu’ il a causé des blessures graves dans le corps de notre client. Nous demandons au tribunal de contraindre l’auteur de faits à faire examiner la victime pour constater l’étendue des blessures et respecter son intégrité physique », a plaidé Me Londola.
En réaction, Me Emile Museni, avocat de la partie enfant en conflit avec loi Zenga (17 ans) a fait savoir que l’instruction du dossier ne peut pas être conditionnée par un examen médical.
« Pourquoi conditionner l’instruction du dossier à l’examen médical. La genèse de faits résulte du fait que la victime Zenga était en train d’injurier la maman de l’enfant en conflit avec la loi, qui ne pouvait pas supporter voir quelqu’un humilier sa mère en sa présence. C’était un duel et même mon client a reçu aussi des coups, ayant entrainé des blessures.
Qui va le prendre en charge? S’est-il interrogé, avant de demander au tribunal de rejeter cette demande et procéder à l’instruction de la cause », a-t-il dit.
Le tribunal a déclaré le premier moyen lié à l’âge de l’enfant recevable mais non fondé, avant de déclarer le moyen lié à l’examen médical de la victime recevable et fondé ; l’affaire a été renvoyée à deux semaines.
ACP/JF

