Kinshasa, 14 oct. 2026 (ACP).- La guerre dans l’Est est la première cause des violations des droits humains en République démocratique du Congo (RDC), a relevé, mardi à Dakar au Sénégal, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), lors de son intervention à la session d’une commission africaine des droits humains.
« Aujourd’hui, des vastes territoires de deux provinces de l’Est de la RDC (le Nord-Kivu et le Sud-Kivu) sont sous occupation de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23-AFC. Cette situation de guerre est la première cause des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces droits », a déclaré Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, à la 89ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Mais avant de s’atteler sur la situation des droits humains dans le pays, plus particulièrement dans la partie orientale, le président de la CNDH-RDC a réaffirmé l’engagement de son institution de coopérer activement avec cette grande institution africaine de promotion et de protection des droits humains et des peuples.
Concernant les violations des droits humains en RDC, il a relevé combien dans les territoires occupés par l’armée rwandaise et les rebelles la population paye un lourd tribut. « Presque tous les droits sont violés : le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique, le droit à la sécurité personnelle, le droit à ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, droit à la liberté de mouvement, le droit à liberté d’expression, le droit à la liberté de manifester, le droit de participer à la vie publique », a-t-il indiqué.
Le président de la CNDH-RDC a aussi martelé que les femmes et les enfants sont les plus grandes victimes de ces violations orchestrées par un voisin belliqueux.
Et d’indiquer encore : « les viols se commettent par milliers, par les hommes en armes, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée contre eux. Beaucoup d’enfants ont cessé d’aller à l’école parce que leurs écoles ont été détruites par la guerre ».
Le président Nsapu a abordé, en outre, la situation des défenseurs des droits de l’homme (DDH) qui ont été soumis au silence. Il a déploré que beaucoup d’entre eux ont été tués et certains autres, qui en avaient la possibilité, ont fui les territoires occupés.
« La CNDH voudrait, ici, attirer l’attention de toute l’Afrique sur cette situation surannée dans laquelle un Etat africains et un groupe armé, complètement à sa solde, agresse un autre Etat africain et marche sur tous les droits de l’homme », a-t-il lancé.
Rapport de la CNDH-RDC de 2025
Paul Nsapu n’a pas manqué de revenir sur le rapport de son institution relevant la situation générale des droits de l’homme au cours de l’année 2025, dans lequel la CNDH-RDC a fait état de multiples violations documentées dans la partie non touchée par la guerre.
Il a indiqué également que ces violations sont surtout liées à la corruption et à l’accumulation des effets de la mauvaise gouvernance des régimes qui se sont succédés, ayant impacté négativement l’économie et les finances nationales.
C’est pourquoi, pour lui, la CNDH-RDC recommande la lutte acharnée contre l’impunité des violations des droits de l’homme. « Celle-ci pourra se manifester au travers du renforcement des enquêtes indépendantes, des poursuites contre les auteurs présumés de violations des droits de l’homme, d’une protection plus accrue des témoins et des défenseurs des droits de l’homme ou encore de la mise en place d’une justice transitionnelle », a-t-il précisé.
La CNDH-RDC, à travers son président, a encore recommandé le renforcement des capacités des mécanismes nationaux de promotion et de protection des droits de l’homme en général et, en particulier de son institution.
Le président de la CNDH-RDC a terminé son intervention en réitérant l’engagement de son institution à collaborer avec la CADHP et tous les autres organes du système africain de promotion et de protection des droits de l’homme.
A ce sujet, la CNDH, selon Paul Nsapu, a apprécié, à sa juste valeur, la visite que lui a rendue la commission africaine, lors de sa mission en RDC, effectuée du 25 mai au 1er juin 2026.
ACP/K.

