Beni, 12 septembre 2026 (ACP).-L’accélération du traitement des dossiers judiciaires et l’extension des infrastructures carcérales ont été préconisées, vendredi, pour lutter contre la surpopulation des prisons par le coordonnateur humanitaire arrivé fin mission à Beni, province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo( RDC), lors d’une conférence de presse.
«Pour désengorger les prisons, il faut aussi accélérer le traitement des dossiers judiciaires. Ce qui signifie que l’État doit déployer plus de personnel judiciaire pour que les dossiers soient vidés le plus rapidement possible. La surpopulation carcérale est un gros problème ici, à commencer par la prison de Beni», a déclaré, Damien Mama, coordonnateur humanitaire.
Il a relevé aussi la nécessité d’agrandir les espaces carcéraux afin d’améliorer les conditions de détention, avant de déplorer l’ampleur de la surpopulation carcérale.
Pour lui, la prison de Beni, construite pour accueillir environ 250 pensionnaires, héberge actuellement des milliers de détenus. C’est ainsi qu’il a préconisé une meilleure gestion de différentes catégories de détenus, notamment par la relocalisation des personnes déjà condamnées vers des établissements pénitentiaires plus sécurisés, en vue de contribuer au désengorgement de cette prison de Beni.
La détention préventive, un problème majeur
Par ailleurs, le coordonnateur humanitaire Mama a relevé particulièrement le poids important de la détention préventive dans la prison de Beni.
«Environ 83 % de personnes sont en détention préventive», a-t-il fait savoir, tout en appelant à l’accélération du traitement des dossiers judiciaires, notamment par le déploiement d’un personnel judiciaire plus nombreux, afin de permettre aux juridictions de traiter les affaires dans les meilleurs délais.
Il a, toutefois, soutenu que la recherche du désengorgement des prisons ne devait pas se faire au détriment du droit des victimes à la justice.
« Certes, nous plaidons pour le désengorgement de la prison, mais il est aussi important de savoir que la justice doit être rendue au justiciable », a fait martelé M. Mama.
Il a, à cet effet, évoqué le cas des personnes ayant perdu un proche ou ayant été victimes de pillage, qui attendent que justice soit rendue, ainsi que celui des femmes victimes de violences sexuelles.
Selon le coordonnateur humanitaire, la réponse au problème carcéral doit ainsi concerner l’ensemble de la chaîne judiciaire, depuis la détention jusqu’au traitement des dossiers. Il a également indiqué que les autorités judiciaires rencontrées lors de sa mission étaient conscientes de ces difficultés et avaient exprimé leur volonté de contribuer au désengorgement des établissements pénitentiaires.
ACP/J K/kms

