Kinshasa, 14 août 2026 (ACP).- La cause du procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3ème zone de défense, et consorts, poursuivi notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, a été renvoyée au 3 septembre prochain pour les plaidoiries, lors d’une audience vendredi devant la Haute cour militaire à Kinshasa, capitale de la République démocratique du congo(RDC).
« Nous avons suffisamment instruit cette cause, nous pensons que , nous pouvons vous inviter à plaider » , a déclaré le lieutenant général magistrat Joseph Mutombo, premier président de la haute cour militaire. L’audience est donc renvoyée au 3 septembre prochain pour les plaidoiries », a prononcé le juge président et président de la composition.
Ce renvoi est intervenu après les témoignages de deux renseignants, venant des services de Renseignement des Nord et Sud-Kivu, sur les circonstances de l’interpellation de Issa Shauri Chibogo, co-prévenu, présenté comme ancien membre du M23.
« Le prévenu Shauri Chibogo Issa avait affirmé être un ancien chauffeur du M23 chargé du transport d’armes et de munitions, en provenance de Goma», a affirmé un des renseignants.
Il a ajouté que ledit prevenu avait également cité le nom du prévenu lieutenant-général Philémon Yav, qui, « aurait intimé l’ordre des éléments commis dans différentes barrières entre Goma (Nord-Kivu), Bukavu et Uvira (Sud-Kivu), de ne pas l’inquiéter pendant son passage.
« Vous dites que vous quittez par voie routière en passant par Bukavu-Uvira. Comment parvenez-vous à franchir toutes ces barrières ?», a interrogé la Haute cour militaire au 1er renseignant.
Ce dernier a répondu qu’ils avaient la protection du prévenu Yav. « Nous avions la protection du général Philémon Yav. C’est lui qui avait donné des ordres à toutes les barrières. Oui, général Yav de Kisangani, c’est lui qui avait consigné », a déposé le renseignant.
Le co-prévenu Issa Shauri a, de son côté, contesté certains éléments rapportés par le renseignant, avant d’affirmer qu’il le connaissait depuis plusieurs années.
« C’est mon chef. J’ai travaillé dans sa carrière de mines pendant 11 mois et je le connais depuis 2022 », a-t-il déclaré, pointant du doigt le premier renseignant.
Réagissant au témoignage, le lieutenant-général Philémon Yav Irung s’est dit « surpris et déshonoré ».
Me Parfait Kanyanga, son conseil, a qualifié les faits mis à la charge de son client d’« affabulations ».
« La défense du général Yav est surprise de constater que les faits mis à sa charge sont des affabulations et n’existent que dans la tête du ministère public. Nous vous demandons monsieur le premier président de nous inviter à plaider et à foudroyer. Nous avons des bombes pour le bombarder et l’anéantir », a déclaré Me Parfait Kanyanga.
Le ministère public a soutenu plutôt avoir transféré devant la haute cour militaire le prévenu Lieutenant général Yav, ‘ pour des faits extrêmement graves, liés à la sécurité du pays « , a argumenté le lieutenant général magistrat Lucien-René Likulia, réagissant aux propos de la défense.
Accusé aux côtés du lieutenant-général Philémon Yav Irung, Shauri Chibogo Issa est poursuivi pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
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